Déclin de la CAQ, prise 2

19 mars 2025

En octobre 2023, le Parti québécois (PQ), lors d’une élection partielle, ravit la circonscription de Jean-Talon à la Coalition avenir Québec (CAQ) laissée vacante par la démissionnaire caquiste Joëlle Boutin. Or près de dix-huit mois plus tard, le même scénario se répète alors que la candidate du PQ, Catherine Gentilcore, emporte le siège abandonné par le superministre caquiste Pierre Fitzgibbon dans Terrebonne avec quelque 53% des votes.

De toute évidence, la CAQ de François Legault n’est pas parvenue à se libérer du maelstrom généré par les interminables tergiversations liées au troisième lien entre Québec et Lévis, et se trouve aujourd’hui confronté à deux scandales, soit l’épineux dossier de SAAQclic d’une part, et la situation périlleuse dans laquelle se retrouve le projet Northvolt d’autre part.

Par ailleurs, certains analystes, au cours de la campagne électorale dans Terrebonne, ont avancé l’idée qu’un parti prônant l’indépendance du Québec pouvait nuire au climat géo-politique instable créé par les sautes d’humeur du président Trump, et à la protection du néo- sentiment d’unité nationale au Canada. Or force est de constater que cette supposée «peur» ne s’est pas manifestée à preuve qu’il est tout à fait possible de manger et de marcher en même temps, une position dans laquelle le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, peut aisément naviguer en temps opportun.

La défaite de la CAQ dans Terrebonne combinée à celle de Jean-Talon s’inscrivent, selon moi, dans le prolongement d’un déclin irréversible qui risque d’aboutir à un échec cuisant en 2026. Les méfaits dévastateurs de l’usure du pouvoir laissent des traces profondes dans le paysage politique de la CAQ, lesquelles se manifestent hors de tout doute dans les derniers sondages qui placent la CAQ derrière le Parti libéral du Québec (PLQ) et le PQ. Enfin, ce qui ajoute au sentiment de déni de la population envers la CAQ, le prochain budget du ministre Girard risque de se traduire en une augmentation du déficit liée, entre autres, aux tarifs douaniers du président américain.

vigile.quebec tribune libre 19 mars 2025

Règlement et sanction, des concepts indissociables

18 mars 2025

D’entrée de jeu, il faut souligner avec enthousiasme l’effort du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville dans sa lutte contre l’intimidation à l’école, un phénomène croissant auquel sont confrontés quotidiennement de nombreux élèves à l’intérieur et à l’extérieur des murs de l’école, et dont les conséquences pernicieuses peuvent pousser certains jeunes jusqu’au suicide.

Certes, la sensibilisation aux effets collatéraux de l’intimidation incarne une première étape déterminante sans laquelle ce fléau va continuer d’empoisonner sans coup férir le climat de l’école.Toutefois, afin de s’assurer de l’efficacité de cette démarche, l’implantation de règlements s’avère indispensable à défaut de quoi les forums de discussion sur l’intimidation risquent de passer comme lettres mortes dans le quotidien des élèves.

De plus, il m’apparaît primordial que le règlement soit appuyé de sanctions sans lesquelles les règlements n’incarneront ni plus ni moins qu’une pieuse litanie de bonnes intentions. Or notre société dite évoluée semble avoir développé une allergie systémique à l’égard des conséquences imputables des gestes posés contre les règles établies. Une frilosité qui se manifeste par un laxisme éhonté quand vient le temps d’accorder une sanction sur un comportement inexcusable telle l’intimidation.

La lutte contre l’intimidation à l’école ne demeurera qu’un vœu pieux tant et aussi longtemps qu’elle ne sera pas enchâssée clairement dans une politique interne énonçant sans détour les règlements ET sanctions qui la sous-tendent. En termes clairs, les dirigeants des écoles doivent prendre le taureau par les cornes et passer de facto de la parole aux actes s’ils aspirent véritablement museler le fléau désastreux lié à l’intimidation à l’école.

vigile.quebec tribune libre 18 mars 2025

Projet de loi 89, une jambette aux travailleurs syndiqués

18 mars 2025

Le projet de loi 89 du ministre du Travail, Jean Boulet, évoquant l’importance «d’éviter que ne soit affectée de manière disproportionnée la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population, notamment celle des personnes en situation de vulnérabilité», a eu l’effet d’une bombe chez les travailleurs syndiqués. Dans le cadre de ce projet de loi, le ministre impose dorénavant des services essentiels dans pratiquement tous les secteurs d’emploi. De plus, il s’arroge le pouvoir de mettre fin aux conflits de travail alors qu’il dispose déjà de tous les leviers pour forcer les parties à régler les conflits et à y mettre fin.

De surcroît, le ministre est tout à fait conscient que la partie patronale n’aura pour ainsi dire plus d’intérêt à négocier de bonne foi avec les syndicats, sachant très bien qu’en bout de piste, un arbitrage sera imposé. Partant du principe que le ministre Boulé est de bonne foi dans ses intentions de protéger la population dans les cas de force majeure, force est de constater que l’éventai démesuré de secteurs qu’il souhaite mettre à l’abri d’un arrêt de travail dépasse les bornes du raisonnable. En bref, le projet de loi 89 n’incarne rien de moins qu’une loi spéciale tous azimuts dans un contexte économique d’instabilité lié aux tarifs douaniers imposés par notre voisin du Sud, lesquels conduiront inéluctablement à des mises à pied. Un bien mauvais timing, c’est le moins qu’on puisse dire.

Face à un climat aussi explosif dans le monde des travailleurs syndiqués et nonobstant le fait que le ministre du Travail cherche à minimiser les effets contraignants d’un arrêt de travail sur la qualité de vie de la population, je suis plutôt d’avis que Jean Boulé prenne en compte non seulement les revendications des travailleurs mais aussi la position des employeurs à l’égard des conditions de travail de leurs employés. Et ce n’est sûrement pas en confrontant aussi cavalièrement les travailleurs qu’il parviendra à créer un sain climat de travail.

Conséquemment, M. Boulé, vous auriez avantage à troquer la jambette par une invitation à la négociation bipartite essentielle à toute solution équitable à un conflit de travail…

vigile.quebec tribune libre 16 mas 2025

Vieillir à domicile

16 mars 2025

Selon un sondage Segma commandée par la Coalition pour la dignité des aînés, 68,2 % des personnes interrogées estiment que l’action gouvernementale en faveur des aînés est insatisfaisante et, parmi ces répondants, 24,1 % la jugent même très insatisfaisante.   

Peu importe les études et les sondages sur les besoins des aînés, il en ressort immanquablement toujours l’importance de doter les soins à domicile des structures et des budgets nécessaires à assurer une saine qualité de vie des soins à domicile. À cet effet, il est intéressant de considérer que les données de la Commissaire à la santé et au bien-être montrent que le coût du soutien à domicile est considérablement moins élevé que l’hébergement en établissement, le coût annuel moyen de fonctionnement pour une personne recevant des services de soutien à domicile en 2023 étant estimé à 13 900 $ alors qu’il varie de 67 400 $ à 96 800 $ pour une personne en hébergement dans un CHSLD.

C’est bien connu, les personnes âgées constituent les «parents pauvres» de notre système de santé publique. Dans une société où la productivité est érigée en objectif à atteindre pour s’assurer d’une qualité de vie saine et prospère, il est indéniable que les aînés ne répondent pas à des critères en contradiction avec leur état de santé défaillant.

Dans un contexte aussi mercantile, sommes-nous en train d’oublier que nos aînés incarnent des personnes humaines à part entière et que, de facto, elles sont en droit de vieillir en paix et en sécurité à domicile? Sommes-nous en train d’oublier que les personnes âgées ont bâti à la sueur de leur front le Québec florissant dans lequel nous avons le privilège de vivre et de nous épanouir? Sommes-nous en train d’oublier que les personnes âgées sont les dignes représentants de notre culture québécoise et, qu’à ce titre, elles méritent toute notre reconnaissance et notre dévouement à leur égard?

À une période où notre système de santé craque de partout, il devient impérieux que ses dirigeants se rappellent des bâtisseurs du Québec et leur procurent un mode de vie dans lequel ils pourront vieillir dans la dignité. C’est une simple question de justice sociale élémentaire.

vigile.quebec tribune libre 15 mars 2025

Le culot de Fitzgibbon

14 mars 2025

On se souviendra de la publicité monstre liée à la signature du contrat du siècle avec Northvolt au moment de la signature du contrat avec le géant suédois. Or on apprend avec stupéfaction aujourd’hui que le gouvernement du Québec doit assumer une perte de 270 M$ puisée dans les poches des contribuable québécois en raison de la faillite du producteur de batteries.

De son côté, le ministre responsable de l’Économie et de l’Énergie de l’époque et ardent promoteur du contrat avec Northvolt, Pierre Fitzgibbon, n’exprime aucun regret et continue de soutenir qu’il ne démissionnerait pas s’il était toujours en poste. «Je crois au projet, je crois à la filière batterie, je suis encore impliqué dans certains dossiers…La filière batterie, c’est un chemin de non-retour», se targue l’ex-numéro deux du gouvernement Legault.

Or un tel fiasco économique aurait dû commander tout au moins un soupçon de modestie et d’humilité de la part de M. Fitzgibbon au lieu d’afficher une attitude méprisante, voire purement cavalière envers ses responsabilités ministérielles de saine gestion. Dans cette saga financièrement catastrophique, il faut retenir que le culot de Pierre Fitzgibbon n’a d’égale que sa désinvolture outrancière envers les contribuables québécois.

vigile.quebec tribune libre 13 mars 2025

Le culot de Fitzgibbon

14 mars 2025

On se souviendra de la publicité monstre liée à la signature du contrat du siècle avec Northvolt au moment de la signature du contrat avec le géant suédois. Or on apprend avec stupéfaction aujourd’hui que le gouvernement du Québec doit assumer une perte de 270 M$ puisée dans les poches des contribuable québécois en raison de la faillite du producteur de batteries.

De son côté, le ministre responsable de l’Économie et de l’Énergie de l’époque et ardent promoteur du contrat avec Northvolt, Pierre Fitzgibbon, n’exprime aucun regret et continue de soutenir qu’il ne démissionnerait pas s’il était toujours en poste. «Je crois au projet, je crois à la filière batterie, je suis encore impliqué dans certains dossiers…La filière batterie, c’est un chemin de non-retour», se targue l’ex-numéro deux du gouvernement Legault.

Or un tel fiasco économique aurait dû commander tout au moins un soupçon de modestie et d’humilité de la part de M. Fitzgibbon au lieu d’afficher une attitude méprisante, voire purement cavalière envers ses responsabilités ministérielles de saine gestion. Dans cette saga financièrement catastrophique, il faut retenir que le culot de Pierre Fitzgibbon n’a d’égale que sa désinvolture outrancière envers les contribuables québécois.

vigile.quebec tribune libre 13 mars 2025

Climat toxique au cabinet de Geneviève Guilbault

14 mars 2025

Dans la foulée des démissions rapprochées des trois derniers chefs de cabinet de la vice-première ministre et ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, tout porte à croire qu’un climat toxique règne dans l’environnement immédiat de la ministre.

En effet, moins de deux mois après sa nomination, Sébastien Lépine, en raison de divergence entre ses méthodes de travail et celles de la ministre. quitte ses fonctions à la suite des démissions de Geneviève Cantin et Geneviève Bélisle, qui dirigeaient le cabinet de Geneviève Guilbault l’an dernier. La goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase serait la déclaration du cabinet de Geneviève Guilbault qui rejetait la responsabilité du feu vert de SAAQclic sur le ministère du premier ministre, des sources fiables au gouvernement estimant que Geneviève Guilbault aurait alors dépassé les bornes.

En guise de rappel, force est de constater que Mme Guilbault, elle-même ex-conseillère en relations publiques, serait peu ouverte aux conseils en matière de communication. À ce sujet, au début de son mandat en 2019, à la suite de congédiements de membres de son cabinet, Geneviève Guilbault avait même dû offrir ses excuses à des ex-employés qu’elle avait accusés à tort d’incompétence.

Une mobilité aussi récurrente de son personnel au sein de son cabinet dénote à n’en pas douter un symptôme patent de difficulté de gestion des ressources humaines de la part de Geneviève Guilbault, la récente démission de son chef de cabinet, Sébastien Lépine, après seulement deux mois dans son cabinet, survenant dans le chaos suscité par les soubresauts causés par SAAQclic.

Par ailleurs, il est à espérer que l’enquête publique indépendante sur les tenants et aboutissants du scandale SAAQclic aille au fond des causes reliées aux dépassements de coût éhontés dans ce dossier et, le cas échéant, dévoile notamment les comportements laxistes des ministres gravitant autour de ce dossier, y compris la ministre des Transports Geneviève Guilbault, embourbée dans un mouvement de personnel systémique qui reflète une toxicité malsaine au sein de son cabinet.

vigile.quebec tribune libre 13 mars 2025

Les bottines doivent suivre les babines

13 mars 2025

Depuis l’entrée en vigueur des tarifs douaniers de 25% sur les exportations du Canada par Donald Trump, le premier ministre François Legault se targue de répéter sans relâche que «rien n’est exclu» dans les mesures tarifaires qu’il pourrait imposer aux Américains, notamment sur l’électricité exportée par Hydro-Québec, dans la foulée du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui, lui, a déjà procédé en ce sens. En revanche, François Legault entrouvre plutôt une porte sur les contrats avec le Massachusetts et New York qui doivent entrer en vigueur prochainement. «Je n’exclus rien, même la possibilité dans ces contrats-là d’augmenter le prix», argue timidement le premier ministre. Par ailleurs, dans l’hypothèse où Donald Trump mettait à exécution l’imposition de tarifs de 25% sur l’aluminium à partir du 12 mars, François Legault n’exclut pas la possibilité d’imposer des «contre-tarifs» sur l’exportation d’aluminium aux États-Unis.

En bref, le premier ministre Legault «n’exclut rien» mais ne bouge pas d’un iota. Pour un ex-homme d’affaires qui qualifie l’incertitude comme la pire ennemie de l’économie, il serait peut-être temps que les bottines suivent les babines.

vigile.quebec tribune libre 12 mars 2025

Elon Musk et la kétamine

13 mars 2025

La kétamine est un anesthésique dissociatif qui a la cote dans le domaine de la psychiatrie en raison de son fort potentiel antidépresseur. Par ailleurs, elle représente aussi une drogue consommée illégalement en situation festive pour ses effets d’apaisement, d’étourdissement, d’euphorie et de flottement De surcroît, la kétamine peut provoquer de graves conséquences pour les consommateurs qui en abusent. «Certains développent des symptômes qui incluent des troubles perceptuels, des troubles cognitifs, des troubles de mémoire et des problèmes au niveau des fonctions exécutives», affirme le psychiatre spécialisé en prévention et traitement des dépendances au CHUM, le Dr Nicolas Garel.

Or lors d'une entrevue diffusée sur les ondes du réseau CNN en 2024, Elon Musk a indiqué prendre une petite dose de kétamine une semaine sur deux afin de traiter ses symptômes dépressifs. Par ailleurs, en 2023, certains de ses proches ont toutefois signalé au Wall Street Journal qu’il en consommait aussi de façon récréative, des associés de Musk allant même jusqu’à s’inquiéter des répercussions de cette consommation sur sa capacité à gérer ses entreprises, dont Tesla et Space X.

À cet effet, lors de l’assermentation de Donald Trump le 20 janvier 2025, dans des vidéos publiés sur X et TikTok, on peut voir le milliardaire, le regard vide, aux prises avec des tics. Les images ont été tournées quelques heures avant que Musk ne fasse des saluts nazis lors de son apparition sur scène. Les spéculations sur la consommation de kétamine d’Elon Musk ont aussi semé le doute sur X après son passage à la Conférence d’action politique conservatrice, le milliardaire ayant brandi une tronçonneuse sur scène en guise d’image évoquant les coupures escomptées.

Qu’à cela ne tienne, le bras droit de Donald Trump a été sacré responsable du Department of Government Efficiency, abrégé en DOGE, chargé de «faire le ménage» dans l’appareil de l’État, l’Agence américaine pour le développement international (USAID), qui gère des milliards de dollars d’aide à travers le monde, ayant été la première victime. Enfin bref, il semble que rien ne soit impossible au royaume de Donald Trump, y compris l’omniprésence d’un olibrius pour le moins loufoque, voire explosif, à ses côtés.

vigile.quebec tribune libre 12 mars 2025

Vivement l’heure d’été tout au cours de l’année!

11 mars 2025

Quel spectacle bienfaisant et ravissant d'assister le dimanche 9 mars au coucher du soleil à 18 h 43! C'est du moins ce qu'ont dû ressentir 72 % des quelque 214 000 répondants de la consultation publique menée au sujet du changement d'heure, lesquels souhaitent la fin de cette coutume désuète tout en conservant l’heure d'été tout au long de l’année.

Or nonobstant ce fort pourcentage des répondants en faveur de l'abolition du changement d'heure, «Des réflexions et des consultations supplémentaires sont nécessaires pour s’assurer de prendre la meilleure décision pour les citoyens. La volonté des Québécoises et des Québécois de mettre fin au changement d’heure est très claire et soyez assurés qu’elle guidera la suite de nos travaux dans ce dossier», a déclaré le ministre de la Justice et procureur général du Québec chargé du dossier, Simon Jolin-Barrette.

Parmi les effets collatéraux néfastes du changement d’heure, «… on vient artificiellement dérégler l’horloge biologique qui régule le cycle éveil-sommeil, mais aussi un paquet d’autres fonctions physiologiques à travers le corps…On voit aussi des augmentations au niveau de l’anxiété et de la dépression, particulièrement chez les jeunes», affirme la professeure de psychologie à l’Université d’Ottawa et coprésidente du Consortium canadien de recherche sur le sommeil, Rébecca Robillard, qui qualifie cette pratique d’«enjeu de santé publique».

Devant ces constats pour le moins révélateurs, jusqu’à quand nos décideurs tergiverseront-ils sur ce qui semble chez les experts une évidence et dans la population un souhait majoritairement manifeste? À mon sens, l’heure est venue d’ajuster nos pendules à l’heure d’été tout au cours de l’année.

vigile.quebec tribune libre 11 mars 2025