François sur les traces de Jean XXIII

12 janvier 2016

En ouvrant Vatican II, Jean XXIII déclarait que l’Église « préfère recourir au remède de la miséricorde plutôt que d’empoigner les armes de la rigueur ». Évoquant le cinquantenaire de la conclusion de Vatican II, François, dans son livre d’entretiens avec le vaticaniste italien Andrea Tornielli, précise que « l’Église ressent le besoin de garder vivant cet événement » dont un des messages essentiels était « qu’il fallait parler de Dieu aux hommes de [ce] temps de façon plus compréhensible ».

À observer le pontificat de François, il est frappant de constater les similitudes avec Jean XXIII, un pont qui s’érige en droite ligne avec la mise en lumière d’un Dieu miséricordieux incarné dans ces deux hommes empreints d’une humilité et d’une chaleur humaine sans bornes. À l’exemple de Jean XXIII qui a redonné l’Église aux croyants en leur permettant d’assister aux offices religieux dans leur langue et de retourner le célébrant face à eux, François, dans son livre Le nom de Dieu est miséricorde, dresse un    plaidoyer pour une Église humble, à l’écoute, souriante et forte de sa vérité miséricordieuse.

François, aujourd’hui, comme Jean XXIII lors du concile Vatican II, prône une Église tournée vers un esprit d’ « hôpital de campagne », une « Église qui réchauffe le coeur des gens, par son attention et sa proximité » et invite les fidèles et les ministres à sortir des églises afin d’aller « chercher les gens là où ils vivent, où ils souffrent, où ils espèrent »… Un message qui sied parfaitement aux convictions que Jean XXIII entretenait envers une Église qu’il a toujours souhaitée accueillante et humaine.

quebechebdo 12 janvier 2016

À tout seigneur, tout honneur

12 janvier 2016

Une tradition vieille de 30 ans, à savoir un permis obligatoire pour les guides touristiques, risque d’être abolie par les autorités de la Ville de Québec qui allèguent que seules trois villes canadiennes imposent cette obligation, Montréal, Niagara et Québec. À Québec, plus de 180 guides touristiques sont membres de l’Association des guides touristiques.

À mon point de vue, il faudrait éviter de faire de ce dossier une guéguerre de clocher qui aurait pour effet de nuire considérablement à l’image de la Capitale nationale, inscrite par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial en 1985 à titre de berceau de la civilisation française en Amérique.

Conséquemment, je suis d’avis qu’une telle reconnaissance doit être accompagnée de guides touristiques bien formés si les autorités de la Ville ne veulent pas tomber dans une forme de laxisme pernicieux qui aurait pour effet de nuire considérablement au cachet historique prestigieux que viennent retirer les touristes de leur visite à Québec qui a acquis depuis longtemps ses lettres de noblesse…À tout seigneur, tout honneur!

quebechebdo 12 janvier 2016
Le Journal de Québec 16 janvier 2016
 

De l’autonomisme de la CAQ

11 janvier 2016

À mon sens, il m’apparaît clair que la CAQ de François Legault tente par tous les moyens de se positionner sur l’échiquier politique québécois, tiraillée des deux côtés entre les souverainistes et les fédéralistes.

Eh bien, il semble, aux yeux du chef tout au moins, que la CAQ ait trouvé son créneau, à savoir de nicher dans la sphère autonomiste [inspirée sans doute de la défunte ADQ dont elle est issue en grande partie].

Or, malgré le fait qu’une telle position peut contribuer à gruger des votes du côté des fédéralistes et des souverainistes « mous », la véritable question repose sur les pouvoirs supplémentaires que la stratégie autonomiste peut rapporter au Québec. En termes clairs, en quoi un parti autonomiste provincial peut-il aspirer à obtenir davantage de pouvoirs pour le  Québec de la part d’un PLQ libéral fédéral dirigé par Justin Trudeau dont le père s’est toujours érigé comme le grand défenseur d’un fédéralisme centralisateur?

Soyons clairs, la position mi-chair mi-poisson de François Legault revêt tous les aspects d’une stratégie opportuniste et partisane qui essaie de s’accaparer de la chèvre et du chou, une démarche qui risque de le conduire tout droit dans une valse hésitation obscurantiste  difficile, voire impossible, à manœuvrer efficacement.

En terminant, je vous invite à lire la chronique de Gilles Proulx du 13 novembre 2015 sous le titre « La CAQ a de l’avenir » dont voici un extrait :

« Il n’y a pas de souverainistes chez les libéraux et pas de fédéralistes chez les péquistes; or, il y a beaucoup d’autonomistes, même dans ces deux partis.

L’autonomisme, ça ratisse large. Si un seul parti s’en fait le véhicule, la CAQ, c’est lui qui exprimera les aspirations de la majorité… ce qui va finir par paraître dans les urnes. »

Oui, M.Proulx, « l’autonomisme, ça ratisse large »…tellement large qu’on peut se demander si nous n’avons pas affaire à un mirage idéologique!

vigile.net tribune libre 11 janvier 2016
quebechebdo 11 janvier 2016 (version abrégée)
Le Journal de Québec 12 janvier 2016 (version abrégée)

http://www.journaldemontreal.com/2015/11/13/la-caq-a-de-lavenir

Le passé garant de l’avenir

10 janvier 2016

Comme le rappelle fort à propos J.-Jacques Samson dans son article paru dans Le journal de Québec du 9 janvier sous le titre 1976-2016, 2016 marquera le 40ième anniversaire de la première prise du pouvoir du Parti québécois sous la gouverne de René Lévesque. « Son gouvernement allait enclencher une deuxième Révolution tranquille, avant sa déchirante défaite référendaire de 1980. »

Partant de cet anniversaire, M. Samson voit dans cet événement l’occasion pour le PQ de PKP de revigorer les forces souverainistes : « Si 2016 sera l’année du grand rêve maintenant évanoui pour nombre de souverainistes d’alors, le battage qui entourera l’élection historique de 1976 servira bien Pierre Karl Péladeau dans ses tentatives de le faire revivre. »

Toutefois, même si les années 2016 et 2017 [année de la commémoration de la loi 101] « seront déterminantes pour une remontée du PQ dans la faveur populaire ou sa marginalisation progressive », je suis d’avis que les souvenirs évoqués par des années fastueuses pour le PQ ne seront pas suffisants pour contribuer à eux seuls à une telle « remontée du PQ ».

Les natifs de 1976 ont maintenant 40 ans et ceux qui ont suivi n’ont pratiquement pas connu la fin des années ’70 et le début des années ’80. Conséquemment, j’acquiesce à l’argumentaire de M. Samson tout en y ajoutant le volet « avenir d’un Québec indépendant ». Alors peut-être pourrons-nous faire nôtre le proverbe qui dit que « le passé est garant de l’avenir ».

quebechebdo 10 janvier 2016
 

LNH: une odeur d’expansion?

9 janvier 2016

C’est bien connu, à chaque fois que le terme « expansion » émane de la bouche des dirigeants de la LNH, les amateurs de hockey de la capitale nationale reprennent aussitôt vie. Un souffle d’espoir réservé envahit alors les corridors du Centre Vidéotron de la part des promoteurs du projet du retour des Nordiques pour qui la patience est devenue la meilleure conseillère.

Cette fois-ci, même si le commissaire Gary Bettman n’a pas encore ouvert la porte à une éventuelle expansion, des rumeurs de plus en plus fondées voudraient qu’une décision soit prise par les gouverneurs de la LNH au plus tard après les séries éliminatoires de juin 2016 si la LNH veut amorcer la saison 2017-2018 avec une ou deux nouvelles concessions dans ses rangs.

Personne ne le niera, Québec est une ville de hockey, les amateurs ont encore le logo des Nordiques tatoué au cœur. Il ne reste plus que le petit coup de pouce nécessaire pour transformer le rêve en réalité…Mon petit doigt me dit que les organisateurs du projet  sont sur le point d’aboutir…et je pense qu’il ne se trompe pas!

quebechebdo 9 janvier 2016

Je suis Charlie

8 janvier 2016

À la suite des attentats meurtriers à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, un slogan est spontanément apparu sur toutes les lèvres : Je suis Charlie, un cri du cœur en faveur de la liberté d’expression.

Un an plus tard, qu’est-il advenu de ce slogan? À la manière d’un « remède » dont l’effet suit le temps qui passe,  Je suis Charlie s’est progressivement dilué dans la mer de l’indifférence, tel le rappel d’un incident plus ou moins anodin qui avait pourtant ébranlé la France dans ce qu’elle défend de plus précieux, à savoir la liberté d’expression.

Il aura fallu une cérémonie de commémoration et un dessin d’un dieu ensanglanté à la une du numéro anniversaire où on peut lire L’assassin court toujours pour faire revivre, le temps d’une journée, les écueils déchirants de l’attentat du 7 janvier 2015.

Or, depuis la montée de l’islamisme, ce qui semblait une évidence ne l’est plus.  D’ailleurs, la censure opère déjà. Et pas seulement en France. À ce propos, dans le dernier Bye-Bye, avons-nous assisté à la moindre ironie à l’égard des terroristes de Paris, du groupe armé État islamique ou de l’islamiste Adil Charkaoui ? Oubli ou censure?

quebechebdo 8 janvier 2016
Le Journal de Québec 10 janvier 2016 "Censure sur la libre expression"

Le multiculturalisme et Angela Merkel

8 janvier 2016

« Ceux qui fuient la guerre et les persécutions trouveront protection avec nous. Ceux qui trouvent refuge et protection avec nous doivent obéir à nos lois, à nos valeurs et à nos traditions. […] Tout cela est de l’intégration. Tout cela est l’exact opposé du multiculturalisme », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel, à l’occasion du congrès de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le 4 janvier 2016.

Pourtant, de ce côté-ci de l’Atlantique, le Canada de Justin Trudeau, digne héritier du père du multiculturalisme, maintient le cap sur un multiculturalisme débridé, appuyé en cela par la Charte des droits et libertés, elle-même créée par Pierre Elliott Trudeau.

À mon sens, il apparaît que le Canada, y compris le Québec, doit s’inspirer des propos d’Angela Merkel en exigeant des réfugiés qui affluent du Moyen-Orient qu’ils obéissent« à nos lois, à nos valeurs et à nos traditions », à défaut de quoi le patrimoine québécois se verra diluer dans une mer d’us et coutumes étrangers au grand dam de notre identité francophone.

Le Devoir 8 janvier 2016
vigile.net tribune libre 8 janvier 2016

 

Et le bon vieux filet?

7 janvier 2016

Je veux bien admettre qu’un bris mécanique ait contribué à faire en sorte que l’échelle du camion de pompier ne puisse s’élever, mais j’ai peine à comprendre qu’on n’ait pas utilisé le bon vieux filet pour amortir le choc des trois victimes qui ont dû sauter par la fenêtre d’un quatrième étage pour échapper aux flammes qui envahissaient leur appartement…Une « job de bras » qui ne nécessitait rien d’autre qu’un filet et des bras de pompiers pour le soutenir.

Espérons que l’enquête qui sera déclenchée à la suite de ce sinistre apportera cet élément dans l’étude du dossier pour nous aider à comprendre pourquoi le bon vieux filet est resté dans un camion…à moins qu’il ait été relégué dans le placard pour faire place aux techniques « modernes »!

quebechebdo 7 janvier 2016

Un troisième procès pour Turcotte?

7 janvier 2016

Décidément, le cas Guy Turcotte n’a pas fini de susciter des rebondissements pour le moins imprévisibles. En effet, à peine un mois après qu’il ait été condamné coupable du meurtre de ses deux enfants devant jury, l’ex-cardiologue a décidé d’aller en appel et de demander un nouveau procès.

C’est à se demander si les procédures d’appel de notre système judiciaire comportent des limites ou si un accusé peut revenir en appel indéfiniment. En termes clairs, pourra-t-on un jour espérer que le dossier Guy Turcotte soit clos ou doit-on s’attendre à ce qu’il reste ouvert tant que l’accusé le demandera? Une question qui remet en question, à mon avis, les failles d’un système judiciaire poreux à travers lequel un accusé peut s’infiltrer allègrement sans difficulté…Tout simplement pitoyable et révoltant!

quebechebdo 7 janvier 2916
 

Les larmes du président

6 janvier 2016

Au terme de son second mandat à titre de président des USA, Barack Obama a livré le 4 janvier un discours qu’on pourrait qualifier de pathétique face aux tueries qui font rage dans son pays depuis plusieurs années.

Malgré ses nombreux rappels à la raison depuis le début de sa présidence, le président frappe inlassablement le mur du puissant lobby incarné par la National Rifle Association (NRA). Ce n’est donc pas surprenant si Barack Obama a décidé de placer la lutte contre les armes à feu au centre de ses priorités en cette dernière année de mandat.

C’est un Obama en colère, voire même frustré, qui a présenté une suite de décrets présidentiels destinés à pallier un tant soit peu les écueils dramatiques des tueries de personnes innocentes qui affluent aux États-Unis et qui en font le « royaume » peu enviable des tueries de masse.

Ce n’est pas tous les jours qu’un président américain laisse tomber des larmes au cours d’un discours, des larmes marquées du sceau de la tristesse face aux enfants qui sont tombés sous les balles de meurtriers sans scrupule. Mais aussi des larmes qui traduisent l’échec personnel de Barack Obama dans cet épineux dossier du contrôle des armes à feu.

« Le lobby des armes a peut-être pris le Congrès en otage, mais il ne peut prendre l’Amérique en otage », a clamé le président…Reste à espérer que la prochaine administration présidentielle comprendra le message et donnera suite à ce vibrant appel à la raison!

quebechebdo 6 janvier 2016