À propos du statut minoritaire du gouvernement péquiste
Lors de la présentation de sa dernière proposition concernant la taxe santé, le ministre des Finances Nicolas Marceau est revenu fréquemment sur le message clair des Québécois le 4 septembre 2012 qui ont accordé un statut minoritaire au PQ, entraînant conséquemment les modifications annoncées dans le dossier de la taxe santé par rapport à l’engagement électoral du PQ.
C’est maintenant au tour du ministre des Affaires intergouvernementales et à la Gouvernance souverainiste Alexandre Cloutier d’invoquer le statut minoritaire de son gouvernement pour adopter un ton plus conciliant avec Ottawa et tenter de trouver un terrain d’entente avec le gouvernement Harper dans certains domaines.
Une attitude qui tranche avec celle de la plateforme du PQ qui annonçait son intention de se battre avec le fédéral pour rapatrier divers pouvoirs, allant de l’aide internationale à la perception des impôts.
Je veux bien admettre que, dans sa proposition initiale de récupération de l’abolition des la taxe santé, le PQ risquait de dégarnir légèrement le porte-monnaie de certains petits amis du PLQ et de la CAQ et, qu’en ce sens, le gouvernement péquiste minoritaire devait jouer de stratégie dans ce dossier.
Toutefois, en ce qui a trait aux engagements électoraux du PQ de jouer de bras de fer dans ses négociations avec Ottawa concernant la récupération de certains pouvoirs, je vois mal pourquoi un changement d’attitude maintenant, compte tenu qu’il aurait pu facilement bénéficier de l’appui des partis d’opposition en ce domaine et, de la sorte, contourner les inconvénients de son statut minoritaire.
En somme, j’ai l’impression que la faible marge de manœuvre du gouvernement péquiste ne vient pas seulement de son statut minoritaire mais qu’elle est attribuable, tout au moins dans le dossier de ses relations avec le fédéral, à son plan de gouvernance souverainiste qui, en plus de nous conduire à nouveau dans un cul-de-sac, subit les contrecoups de son statut minoritaire.
quebechebdo 12 octobre 2012
Henri Marineau

