Réplique d’un homme d’affaires québécois
Dans son texte d’opinion paru dans Le Devoir du 2 octobre 2012 sous le titre «Les gens d’affaires ne sont pas tous inquiets», Renaud Lapierre, président d’Environnement VIRIDIS inc., aborde ainsi son argumentaire:
«Depuis une semaine, les dirigeants du Conseil du patronat, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de la Fédération des chambres de commerce du Québec, ainsi que plusieurs fiscalistes ont pris d’assaut les tribunes disponibles pour alerter les Québécois sur le fait que l’économie serait en danger, indiquant que leur inquiétude était à son paroxysme.»
M. Lapierre, dont l’entreprise a créé, au cours des trois dernières années, plus de cent nouveaux emplois au Québec «dans un secteur où nous avons démontré que le développement durable, l’environnement et l’économie pouvaient faire bon ménage», affirme que «nous n’avons aucune intention ni de quitter le Québec ni de nous agiter relativement aux mesures proposées par ce nouveau gouvernement.»
Puis, pour justifier ses propos, l’homme d’affaires invoque d’abord des raisons démocratiques, rappelant le fait que les mesures qu’entend prendre le gouvernement péquiste faisaient partie de la plateforme électorale du parti, des raisons financières, faisant ressortir clairement que le manque à gagner réel des hommes d’affaires relativement à la hausse d’impôts proposée ne constituerait pas une raison sérieuse de «déménager leur famille pour un tel montant», et des raisons historiques, rappelant aux dirigeants qui sèment la panique que les gouvernements péquistes antérieurs ont mis sur pied des mesures efficaces pour développer l’économie, citant entre autres, le Régime d’épargne actions et les Fonds de capital de risque des travailleurs.
Enfin, M. Lapierre incite plutôt les dirigeants des entreprises visées à mettre à profit leurs suggestions dans trois mesures annoncées dans le programme du PQ, à savoir la création de la Banque de développement économique, la définition et la mise en place d’une politique énergétique et l’élaboration et la concrétisation d’une politique d’électrification des transports.
En conclusion, je retiens de l’argumentaire de Renaud Lapierre que les tenants de l’influence de la peur incarnés par les dirigeants du Conseil du patronat et des chambres de commerce du Québec devraient ranger leurs arguments désuets dans le placard et s’atteler au nécessaire travail de collaboration avec les différents paliers du nouveau gouvernement:
«Gens d’affaires et, particulièrement, leurs dirigeants, constatez que nous n’agissons plus sous l’influence de la peur, mais que nous devons maintenant influer sur le contenu, en acceptant la valeur de base que poursuit ce gouvernement, à savoir le partage de la richesse au bénéfice de tous.»
quebechebdo 3 octobre 2012
Henri Marineau

