Bernard Frappier…un héros malgré lui
D’entrée de jeu, voici un extrait de l’article de Caroline Moreno publié sur cette tribune il y a trois ans le 26 septembre 2009, le jour du décès de Pierre Falardeau, sous le titre « Pierre Falardeau n’est pas mort »
« Lorsque l’on laisse derrière soi une œuvre aussi marquante, aussi importante que celle du cinéaste et pamphlétaire Pierre Falardeau, on ne meurt pas. On accède à l’intemporalité…. Pierre Falardeau restera un modèle de solidité, un roc contre les vents et les marées. Un patriote de nos temps durs, obscurs et incertains. Une source d’inspiration. Un hymne à la vie, à notre survie. Un héros malgré lui. »
Dans la même lignée des personnages qui ont marqué la scène politique québécoise au cours des dernières décennies, une institution solidement implantée comme celle qu’a érigée en phare Bernard Frappier dans le paysage médiatique du Québec devait lui survivre et, en ce sens, je me dois de rendre hommage à tous les pionniers qui ont accepté de prendre généreusement et courageusement la relève.
À cet effet, je me permets de vous livrer cet extrait de « La dernière leçon » de Mitch Albom qui contient une mine de messages d’une extrême profondeur. Parmi ceux-ci, j’ai cru bon de vous présenter cet extrait qui illustre à merveille le rôle essentiel que chaque être humain est appelé à jouer lors de son passage sur cette terre :
« Une petite vague va clapotant sur l’océan, s’amusant comme une folle…heureuse dans le vent et le grand air jusqu’à ce qu’elle aperçoive les autres vagues devant elle qui s’écrasent sur le rivage. « Mon Dieu ! C’est affreux, dit la vague, qu’est-ce qui va m’arriver ? »
Ensuite arrive une autre vague. Elle voit la mine sombre de la première vague et lui demande : « Pourquoi as-tu l’air si triste ? »
La première vague répond : « Tu ne comprends donc pas ! Nous allons toutes nous écraser ! Nous allons toutes disparaître ! C’est affreux ! »
La deuxième vague lui dit : « Non, c’est toi qui ne comprends pas. Tu n’es pas une vague. Tu es une partie de l’océan. »
Bernard Frappier n’avait sûrement pas la prétention d’être un héros, pas plus que Pierre Falardeau d’ailleurs…Toutefois, force nous est de constater qu’ils ont contribué grandement à réaliser à quel point chacun de nous est « une partie de l’océan » et qu’en ce sens, l’un comme l’autre sont devenus des « héros malgré eux » !
vigile.net tribune libre 28 septembre 2012
Henri Marineau

