Au sujet des critiques acerbes envers les baby-boomers

J’ai maintenant 65 ans, l’âge vénérable pour retirer légitimement, au même titre que tous les Canadiens de tous revenus confondus, mon régime de sécurité à la vieillesse auquel j’ai contribué pendant 32 ans et qui, de surcroît, vient me ponctionner un revenu substantiel de mon fonds de pension.

Un fonds de pension que je considère avoir mérité amplement par des retenues à la source importantes sur chacune de mes payes pendant toutes ces années. Il en va de même pour les cotisations au Régime des rentes du Québec auquel, là aussi, j’ai largement le droit pour y avoir contribué pendant toute ma carrière.

Et, pendant ce temps, toutes ces sommes, ajoutées aux cotisations de centaines de milliers de baby-boomers, ont contribué à faire fructifier les coffres de l’État qui a pu réinvestir ces argents dans une multitude de programmes sociaux et économiques qui ont permis au Québécois d’atteindre une qualité somme toute respectable.

De plus, je ne peux passer sous silence le fait que moi, comme tous ceux de ma génération, avons travaillé, parfois dans des conditions difficiles, à enrichir le Québec d’une expertise professionnelle de laquelle se sont inspirés bon nombre de nos successeurs.

Pour toutes ces raisons, je me sens profondément outré quand j’entends des commentaires qui tournent autour de la «situation lamentable dans laquelle nous avons laissé l’état de la société».

À mon sens, le mythe du baby-boomer égocentrique frise la démesure. Quiconque qui, comme nous, aurait bénéficié d’un climat favorable à l’emploi comme aux débuts des années ’70 au Québec, aurait agi de la même façon que nous, à savoir qu’il aurait profité de cette largesse que lui offrait les événements circonstanciels, sans pour autant négliger d’apporter sa contribution à l’évolution de la société québécoise.

Aujourd’hui, le contexte a changé…fini le temps où on nous offrait trois emplois au sortir de nos études. Les proportions son inversées, trois candidats postulent pour le même emploi, et j’en suis conscient.

Toutefois, un tel changement de contexte ne doit pas pour autant nous faire sombrer dans une paranoïa maladive envers les baby-boomers qu’on accuse souvent à tort d’être responsables de toutes le dérives de la société québécoise.

Selon mon interprétation, nous aurions avantage à scruter davantage du côté du politique où il m’apparaît évident que la véritable «dérive» origine, en particulier, de cette propension outrancière à favoriser des politique néo-libérales électoralistes au détriment de mesures sociales visant l’équité envers tous les citoyens du Québec.

quebechebdo 25 mai 2012
vigile.net tribune libre 30 mai "Message d'un baby-boomer qui arbore fièrement le carré rouge"

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