Collision entre deux points de vue légitimes
La décision de la Commission des relations du travail dans le conflit qui oppose la Ville de Québec à ses cols bleus est sans équivoque : la CRT ordonne à la Ville de Québec de mettre fin au lock-out illégal en cours et de rappeler immédiatement au travail selon leur horaire habituel tous les salariés cols bleus auxiliaires mis à pied le 17 avril 2012.
Dans sa décision, la CRT fait ressortir, à mon sens, l’utilisation d’une stratégie pernicieuse de la part de la Ville. À titre d’exemples, je vous cite deux extraits de la décision de la Commission :
«Le geste posé par la Ville est clair et sans équivoque pour la Commission. Ces 162 mises à pied peuvent être qualifiées de mesures de représailles au sens de l’article 14 du Code, car elles surviennent au moment même où les cols bleus auxiliaires s’apprêtent, avec leurs collègues de travail, à exercer leur droit de vote pour l’obtention d’un mandat de grève, et ce, conformément à l’avis de convocation à une assemblée générale du syndicat. Cet avis de convocation était connu de la Ville qui l’a d’ailleurs admis.»
«Il est vrai qu’une ville prend plusieurs décisions dans des délais très courts, mais la Commission ne peut écarter le fait que la motivation de la Ville à mettre à pied 162 cols bleus auxiliaires est directement liée à l’annonce de la tenue de cette assemblée générale.»
Les parties devront maintenant retourner à la table de négociations…D’un côté, Régis Labeaume vise le contrôle des taxes, alléguant une meilleure qualité de services pour les citoyens, de l’autre Marc-André Dufour, le président des cols bleus, évoque les acquis de la convention collective et les régimes de retraite des employés.
Un débat d’où ne sortiront ni « bons » ni « méchants » mais une collision entre deux points de vue légitimes…mais difficilement conciliables!
quebechebdo 27 avril 2012
Henri Marineau

