La chance au coureur
Nombreux ont été les commentaires des analystes politiques concernant l’inexpérience de Justin Trudeau depuis son élection à titre de premier ministre du Canada. Néanmoins, je crois qu’il faudrait mettre quelques bémols à ces allusions.
À sa défense, il convient de signaler le rapide plongeon qu’il a dû réaliser en étant confronté dès le départ aux dirigeants des plus influents pays du monde au cours des sommets où il a participé, une situation qui, admettons-le, n’est pas sans susciter une visibilité internationale pour le moins majeure et une connaissance des dossiers pour laquelle M. Trudeau a eu très peu de temps à se préparer.
Si vous ajoutez à cela les tristes attentats de Paris qui sont venus envahir les rencontres des divers sommets, vous conviendrez avec moi que la marche était haute pour le nouveau premier ministre du Canada, ce qui ne l’a pas empêché de demeurer ferme dans ses engagements d’accueillir 25 000 réfugiés au Canada et de retirer les CF-18 dans le conflit syrien.
De surcroît, on doit bien admettre que le dynamisme incarné dans la jeunesse et l’ouverture de Justin Trudeau tranche catégoriquement avec la froideur de Stephen Harper et contribue déjà à améliorer l’image internationale du Canada qui en avait bien besoin. Somme toute, je suis d’avis que nous devons laisser la chance au coureur avant de le lapider prématurément sur la place publique!
quebechebdo 20 novembre 2015
Le Journal de Québec 21 novembre 2015
Henri Marineau

