À bout de souffle

«Je suis directrice d’école. Je ne ferai pas de préambule: nous souffrons, les enfants souffrent, le personnel des écoles souffre.» Tel est le contenu du préambule de la lettre envoyée par une directrice d’école au premier ministre, Philippe Couillard. Un cri du cœur, une sonnette d’alarme qui décrivent sans détour le climat malsain qui règne dans son école. Et tout cela, à moins de deux mois du début de l’année scolaire.

Un portrait alarmant d’une journée-type pendant laquelle le personnel a dû faire face à des situations catastrophiques, telles deux éducatrices spécialisées qui se sont fait mordre et cracher au visage par un petit garçon de sept ans. Des enseignants qui ont à gérer des crises problématiques en pleine classe dite « régulière ». «  Avez-vous déjà essayé de calmer un enfant en crise violente sans technique et sans avoir l’assurance de ne pas vous faire blesser ? », lance la directrice au premier ministre dans sa missive. Le personnel est à bout de souffle, les coupes au niveau de l’aide aux élèves en difficultés ont des effets dramatiques sur l’acte pédagogique des enseignants qui se voient contraints de porter toute leur attention sur les cas à problèmes au détriment des élèves dits « réguliers ».

Jusqu’où ira cette situation pathétique qui est en train de gangrener le système scolaire québécois? Quand prendrez-vous conscience, M. Couillard, des dégâts que vous êtes en train de causer? Il est minuit moins une, la fin de la récréation a sonné. Le constat de la directrice est révélateur d’une situation inacceptable. « L’école québécoise, dans sa réalité, dans son quotidien, sur le plancher, c’est l’enfant battue du système québécois. »

quebechebdo 18 octobre 2015
Le Journal de Québec 19 octobre 2015
 

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