Le deuxième amendement: fruit d’une controverse
Huit jours après la fusillade qui a endeuillé une université de l'Oregon, deux autres campus, l'un en Arizona et l'autre au Texas, ont été le théâtre au cours des derniers jours de coups de feu qui ont fait deux morts au total. Comme dirait, le président Obama, les tueries sur la terre de l’Oncle Sam sont devenues une « routine ».
Et pourtant, si on jette un rapide coup d’œil sur le motif principal sur lequel s’appuient les tenants du renforcement des armes à feu, en particulier le puissant lobby de la National Rifle Association (NRA), à savoir le deuxième amendement de la Constitution, nous découvrons que cet argumentaire est truffé d’une controverse indéniable. En effet, si l’on remonte à son adoption ratifiée en 1791, le deuxième amendement se lit comme suit : «Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes.»
Donc, selon toute évidence, le deuxième amendement s’adressait à une « milice », ces anciennes unités de défense citoyennes mobilisables par les États. Bien sûr, les conservateurs et le lobby de la NRA se concentrent sur la seconde partie de l'amendement, qui garantirait le droit de posséder une arme pour l'autodéfense. Et, le comble de l’aberration, la Cour suprême a tranché en leur faveur si bien que, la première partie de l’amendement étant devenue caduque, c’est la deuxième partie qui est devenue force de loi.
Et les tueries se multiplient à un rythme infernal, galvanisées par un laxisme scandaleux dans la vente d’armes à feu à outrance sans qu’aucune autorité, ne fût-ce le président, ne puisse mettre fin à cette hémorragie meurtrière. Pourquoi? Je n’ai qu’une réponse possible : tant et aussi longtemps que le puissant lobby mené par la NRA règnera en maître sur la vente d’armes à feu sans coup férir, la situation ne fera que s’amplifier!
quebechebdo 11 octobre 2015
Henri Marineau

