Les enfants sont-ils pris en otages?
Dans le conflit qui oppose actuellement le collectif « Je protège mon école publique » (JPMEP) au ministre de l’Éducation, François Blais, relativement aux coupures imposées par le ministre dans les services aux élèves, une question risque de porter ombrage aux manifestations organisées par JPMEP, à savoir la participation des enfants à ces manifestations.
À mes yeux, le dilemme se situe au niveau de la pertinence ou non d’impliquer les enfants dans les revendications des intervenants en éducation, y compris les parents. À cet effet, nous connaissons déjà la position du ministre : « Les enfants ne devraient pas être mêlés à la politique. […] Ce qui me déçoit, c’est l’utilisation des enfants pour tirer des slogans qu’ils ne comprennent pas, pour reproduire des demi-vérités qu’ils ne peuvent comprendre. » Soit !
De son côté, Pascale Grignon, porte-parole de JPMEP, y va avec une toute autre version : « Les enfants étaient contents de voir que leurs parents font tout ce qui est en leur pouvoir pour les aider. Le mouvement dérange à Québec, et le ministre attaque là où il peut pour s’en prendre au mouvement. »
Somme toute, les enfants sont-ils pris en otages dans une guerre qui devrait se dérouler entre adultes ? Ou font-ils partie de l’infanterie [mot dérivé du latin « infante » signifiant « enfant »] ? À mon sens, la réponse appartient à chacun des parents touchés par ses revendications, chacun d’eux étant le premier responsable de son enfant.
quebechebdo 2 septembre 2015
Henri Marineau

