Le cadeau de Grec
On dit souvent qu’une image vaut mille mots. À cet effet, la caricature de Beaudet parue dans le Journal du 14 juillet donne pleinement raison à cet adage. En fait, il s’agit d’un Grec, vêtu aux couleurs du drapeau de la Grèce, en train de se noyer, et recevant, d’un paquebot grec, en guise de moyen de sauvetage, une bouée attachée à une ancre.
Grosso modo, les conditions d’entente acceptées par le gouvernement Tsipras sont sensiblement les mêmes que les Grecs ont refusées à 61 % le 5 juillet par voie de référendum, mais en plus exigeantes. À titre d'exemples, une hausse de la taxe de vente de 1 % du PIB, un resserrement des règles de pension de retraite dans le but d’économiser un autre 1 % du PIB, l’adoption d’un système de coupes budgétaires automatiques en cas de non-respect des cibles budgétaires, une réforme plus profonde des retraites, une réforme du marché intérieur, une privatisation du réseau de transport électrique, un assouplissement des règles du marché du travail, l’ouverture des secteurs d’activités protégés, et un renforcement du secteur financier.
Un prix chèrement payé pour éviter la Grexit, et que certains observateurs ont qualifié de « reddition complète » et d’ « humiliation ». Une entente qui fait fi complètement des velléités exprimées par les Grecs lors du référendum « bidon », excluant la volonté de demeurer dans la zone euro…Bref, les Grecs viennent de recevoir un cadeau de Grec en guise d’entente avec l’Union européenne qui a gagné sa bataille sur l’austérité décriée pourtant avec véhémence par une forte majorité de Grecs!
quebechebdo 14 juillet 2015
Henri Marineau

