Vers une nouvelle pratique religieuse
C’est un secret de polichinelle, les églises du Québec, depuis le début des années 60, se sont vidées à vitesse grand V, passant de 85 % de fréquentation à 5 % aujourd’hui. Pourtant, les non-pratiquants continuent, pour la plupart, de se déclarer encore croyants, telle une flamme d’espoir qui a réussi à passer à travers les crises de l’Église catholique.
Alors, que s’est-il donc passé pour expliquer ce phénomène? Comment se fait-il que le message ait survécu au temps alors que le canal se soit effrité avec les décennies? Que s’est-il passé pour que la « pratique » religieuse ait été abandonnée avec autant de désinvolture? Des questions qui suscitent des commentaires variés parmi lesquels j’aimerais en aborder un qui me semble prioritaire.
Je veux parler de la scission qui s’est opérée entre le clergé et ses « fidèles », une scission idéologique sur l’interprétation du message du Christ dans les Évangiles. En effet, les « fidèles » d’aujourd’hui refusent d’être astreints à la pratique dominicale obligatoire, tel un rituel qu’ils jugent inutile et fastidieux, et préfèrent vivre ce message dans leur vie quotidienne.
Dans ce contexte, il devient impératif que l’Église renoue avec ses ouailles en descendant dans la rue pour rétablir la « communion » avec eux, à défaut de quoi la traditionnelle « pratique religieuse » s’éteindra à jamais de l’imaginaire collectif québécois pour être substituée par une véritable « pratique religieuse » axée sur le modèle du Christ, à savoir sur son message d’amour et de charité.
quebechebdo 27 avril 2015
Henri Marineau

