Un personnage plus grand que nature
Il y a de ces personnages plus grands que nature dont la mémoire s’infiltre à travers le temps et laisse des traces ineffaçables de leur passage sur cette terre. Félix Leclerc, dont nous célébrons le 100e anniversaire de naissance le 2 août, incarne certes un de ceux-là qui ont marqué ma jeunesse.
Ainsi, je me souviens des voyages légendaires qui nous conduisaient de la maison au chalet et au cours desquels la voiture avait l’air d’un endroit envahi par l’ennemi, tellement les passagers et les bagages nous envahissaient. Souvent, pendant notre odyssée, mon père, profitant d’un rare moment de silence, se mettait à chanter le P’tit bonheur de Félix Leclerc dont j’ai appris très tôt les paroles que plus tard, étant devenu père à mon tour, je me complaisais à chanter à mes deux filles durant nos randonnées en automobile.
J’ai souvenir aussi de l’éclat qui brillait dans les yeux de mes élèves lorsque, pour les ouvrir à la poésie, je leur faisais entendre quelques chansons de Félix et, qu’à ma grande surprise, ils fredonnaient alors qu’ils baignaient pourtant dans un bain de musique d’un autre âge.
Aujourd’hui, en cette période de notre histoire où le français subit les contrecoups du laxisme des médias sociaux, je me rappelle surtout d’un poète dont les paroles sont demeurées porteuses d’espoir pour la survie de la nation française d’Amérique… et j’ai le goût de chanter avec Félix à la fin de son Hymne au printemps: « …Et les crapauds chantent la liberté ».
quebechebdo 2 août 2014
Henri Marineau

