Normandeau s’en lave les mains
Depuis les débuts de la Commission Charbonneau, nombreux ont été les témoins qui ont manifesté des trous de mémoire «inquiétants» sur les allégations de collusion et de corruption évoqués par les commissaires et les avocats de la Couronne.
Par contre, la comparution de Nathalie Normandeau révèle un autre type de témoignage, à savoir que l’ex-vice-première ministre du Québec n’a rien vu des magouilles qui auraient pu survenir dans les ministères qu’elle a occupés et qu’elle avait construit tout autour d’elle un «mur» étanche la protégeant de toute influence des firmes de génie-conseil.
Toutefois, parmi les 50 dossiers de subventions qui ont augmenté de 2002 à 2012, 32 l’ont été à la demande de Mme Normandeau, et 15 de ceux-ci ont bénéficié à Roche, et 10 à BPR. Et, de répliquer Mme Normandeau, «Il n’y a là rien d’inhabituel…Le pouvoir discrétionnaire des ministres est là pour être utilisé et pour servir de contrepoids à celui des fonctionnaires».
Et, comme il fallait bien trouver un coupable, Nathalie Normandeau pourfend son ex-chef de cabinet Bruno Lortie en qui elle plaide qu’elle avait pleinement confiance et dont les révélations à la Commission laissent voir qu’elle «a peut-être été trahie»…Et voilà, le tour est joué, Mme Normandeau est blanche comme neige, et que les vrais coupables soient punis!
La question qui demeure sans réponse : comment une ministre aussi intelligente que Nathalie Normandeau ait pu se laisser «trahir» aussi facilement par les retours d’ascenseur dont ont bénéficié les firmes Roche et BPR? Poser la question, c’est y répondre…
quebechebdo 19 juin 2014
Henri Marineau

