Graham Fraser, le chien dans le jeu de quilles

Le dernier sondage CBC-Ekos révèle que la moitié des non-francophones « ont pensé sérieusement » quitté le Québec au cours de la dernière année, une donnée qui inquiète la commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, qui attribue ce résultat aux projets de charte de la laïcité et de réforme de la loi 101 du gouvernement Marois.

Comment le commissaire aux langues officielles fédéral peut-il légitimement « s’inquiéter » de la langue officielle du Québec alors que son mandat, entre autre, est de s’assurer de « l’égalité du français et de l’anglais au sein du Parlement, du gouvernement du Canada, de l’administration fédérale et des institutions assujetties à la Loi sur les langues officielles fédérale » ?

D’autant plus que des impairs scandaleux existent dans son propre champ de compétence, que ce soit au sein du Sénat où la grande majorité des membres sont incapables de s’exprimer en français, ou lors de la nomination de hauts fonctionnaires unilingues anglais.

Pour employer une expression populaire, l’intervention de Graham Fraser à la suite d’un sondage biaisé commandé par CBC revêt les allures du chien dans un jeu de quilles, en bref, une effraction dans un champ de compétence qui n’est pas du tout de son ressort.

En réalité, les menaces de départ des anglophones me font penser à cet adolescent qui brandit vertement la manipulation verbale devant sa frustration auprès de ses parents qui exigent que certaines règles « contraignantes » de respect envers eux doivent être respectées au sein du foyer familial…et qui, compte tenu des avantages qu’il retire à demeurer chez lui, ne met jamais sa menace à exécution.

Dans les faits, les anglophones savent pertinemment que le Québec représente une terre d’accueil privilégiée quant aux conditions de vie qu’il leur offre et, en ce sens, ils pourront s’accommoder fort bien des quelques modifications somme toute mineures que visent la réforme de la loi 101 du gouvernement Marois.

Enfin, en ce qui a trait à la charte de la laïcité, même si le commissaire Fraser reconnaît qu’elle ne vise pas la communauté anglophone mais que, par ailleurs, elle n’aide pas à donner l’impression que les minorités non francophones sont accueillies à bras ouverts au Québec, je doute fort que l’ « altruisme » des anglophones ne les pousse à passer de la parole aux actes concernant leurs menaces de départ.

vigile.net tribune libre 27 février 2014


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