Argumentaire hors propos
Sans grande surprise, la Ligue des droits et libertés, dans son mémoire qu’elle présentera à la commission parlementaire, exige du gouvernement qu’il retire son projet de loi 60 alléguant, entre autres arguments, qu’il risque « de dénaturer la Charte des droits et libertés de la personne ».
À cet effet, la LDL argue « que la Charte des libertés reconnaît l’égalité entre les femmes et les hommes comme étant « un droit et le fondement de la justice, de la liberté et de la paix ».Avec le projet de loi du Parti québécois, la Ligue craint donc que ce droit se transforme en « valeur » et entraîne, par le fait même, la banalisation des droits de la personne qui servent à protéger les minorités contre les décisions arbitraires de la majorité et contre toute forme d’abus de pouvoir. »
La LDL ajoute de plus que le projet de charte de la laïcité « risque d’entraîner la hiérarchisation des droits, alors que les fonctionnaires de l’État qui portent des signes religieux ostentatoires devront choisir entre leur droit au travail et leur liberté de conscience. « Cette hiérarchisation crée un système de discrimination qui affectera particulièrement les femmes portant des signes religieux musulmans. On se retrouve devant deux poids, deux mesures pour la mise en oeuvre du droit des femmes à l’égalité. »
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/398999/le-projet-de-charte-banalise-les-droits-de-la-personne-dit-la-ligue-des-droits-et-libertes
Dans sa défense, la LDL semble oublier la prémisse essentielle qui a guidé le gouvernement dans l’élaboration de son projet de loi, à savoir la création d’un État laïc, et, qui dit laïc, dit séparation de la religion et de l’État.
Or, le port de signes religieux ostentatoires des immigrants islamistes en milieu de travail au service de l’État québécois s’érige en porte-à-faux avec une laïcité ancrée dans le us et coutumes de l’appareil étatique que le projet du ministre Drainville tente d’établir au Québec.
Conséquemment, l’argumentaire de la LDL s’appuie sur des prémisses hors propos lorsqu’il invoque que « que le projet de charte de la laïcité risque d’entraîner la hiérarchisation des droits, alors que les fonctionnaires de l’État qui portent des signes religieux ostentatoires devront choisir entre leur droit au travail et leur liberté de conscience », à savoir qu’il confond l’objectif de la laïcité de l’État avec la liberté de conscience des immigrants.
D’ailleurs, la LDL, en alléguant qu’« au lieu de mettre de l’énergie sur la création d’une charte des valeurs, la Ligue croit que le gouvernement Marois devrait plutôt se pencher sur les problèmes réels d’atteintes au droit à l’égalité des femmes et des personnes issues de l’immigration », fait la preuve par la négative du problème soulevé dans la communauté musulmane relativement à l’égalité homme-femme.
quebechebdo 4 février 2014
Henri Marineau

