Confusion entre identité québécoise et statut politique du Québec

Selon les informations obtenues par le Devoir, le mémoire que déposera devant la commission parlementaire sur le projet de loi 60 l’organisme Indépendantistes pour une laïcité inclusive (IPLI) soutient que « le projet de charte du gouvernement Marois ne constitue rien de moins « qu’un aveu d’impuissance face au pouvoir canadien » et qu’il ne fait que créer de la « diversion ». « Le problème, c’est que le gouvernement Marois se penche sur les questions entourant l’identité québécoise sans aborder celle fondamentale du statut politique du Québec », mentionne M. Philpot. « Selon nous, la vraie menace de l’identité québécoise est l’État canadien, qui refuse depuis des années de nous accommoder. Mais le gouvernement, au lieu de s’attaquer à cette menace, s’attaque à un adversaire imaginaire, qui est l’immigrant et le musulman ». http://www.ledevoir.com/politique/q…

D’entrée de jeu, je ne peux qu’être en accord avec la position de l’IPLI à l’effet que « la vraie menace de l’identité québécoise est l’État canadien ». Toutefois, là où le bât blesse dans l’argumentaire de Robin Philpot, c’est lorsqu’il confond le statut politique du Québec avec les objectifs identitaires du projet de charte des valeurs du ministre Drainville.

En effet, à mon sens, le projet de loi 60 n’a jamais eu la prétention d’aborder le statut politique du Québec mais plutôt celle de créer un État laïc dont l’objectif ultime est de défendre et de promouvoir les valeurs québécoises de neutralité auprès des employés de l’État.

Par ailleurs, si nous poussons plus à fond la position de l’IPLI, il m’apparaît dangereux d’associer la charte des valeurs avec l’idée « que le mouvement indépendantiste est né avec l’idée qu’il fallait embrasser large pour permettre au Québec de se réaliser ». Pour poursuivre avec la comparaison de M. Philpot, il me semble qu’il « embrasse large » en associant le mouvement indépendantiste québécois au contenu d’une charte qu’il attaque sur l’interdiction du port de signes religieux en milieu de travail pour les employés de l’État.

Quant à l’argument de Robin Philpot à l’effet que le « gouvernement s’attaque à un adversaire imaginaire, qui est l’immigrant et le musulman », je lui répondrai que le projet de loi 60 n’est pas une attaque contre quelque statut ou religion que ce soit, mais plutôt un document officiel qui établit les bases minimales d’un État laïc.

Enfin, dans son argumentaire à l’effet que « c’est l’interdiction des signes religieux qui peut porter à croire que l’État n’est pas neutre, mais hostile envers les religions », Jean Dorion, président et coporte-parole de l’IPLI, fait étalage d’un sophisme flagrant qui confronte de façon fallacieuse la neutralité de l’État avec le sentiment d’hostilité envers les religions, une façon détournée de jouer sur la fibre sensible de la culpabilité des Québécois.

vigile.net tribune libre 27 janvier 2014
quebechebdo 27 janvier 2014


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