Pour ou contre une charte de la laïcité?

Depuis le début des audiences sur le projet de loi 60, les participants ont pu exposer leur position sur les différents enjeux proposés par le gouvernement. Toutefois, un élément discordant refait immanquablement surface, à savoir l’interdiction des signes religieux ostentatoires en milieu de travail pour les employés de l’État.

Dans le clan des anti-charte, l’argumentaire tourne autour des chartes canadienne et québécoise des droits et libertés qui prônent le respect des libertés individuelles, lesquelles seraient brimées par le projet de loi du ministre Drainville.

En parallèle à ces arguments, les tenants des anti-charte allèguent d’une part que ce sont les femmes musulmanes qui subissent un préjudice défavorable concernant l’interdiction des signes religieux ostensibles en milieu de travail, et d’autre part, qu’aucune étude n’a été réalisée pour connaître l’impact réel d’une telle mesure.

Du côté des pro-charte, les défenseurs du projet de loi 60 évoquent l’importance pour le Québec de se doter d’un document officiel faisant foi d’un État laïc, lequel présuppose la séparation de la religion et de l’État dans l’exercice des fonctions des employés du dit État.

Partant du principe qu’un État qui se veut laïc se doit de le manifester dans un document officiel et que, par conséquent, aucune discrimination envers quelque religion que ce soit ne doit transparaître des clauses du dit document, je suis d’avis que les défenseurs du projet de charte de la laïcité s’empressent de remettre le débat sur l’interdiction des signes religieux de « toutes religions confondues ».

En agissant de la sorte, les parlementaires éviteront les écarts malsains dans le débat actuel et arriveront à connaître la vraie réponse à la vraie question, à savoir « les Québécois sont-ils pour ou contre une charte de la laïcité? » En réalité, n’est-ce pas là le but des consultations publiques?

quebechebdo 20 janvier 2014

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