Je me souviens…mais après?
En 1883, Eugène-Étienne Taché, architecte et commissaire adjoint des terres de la Couronne, fait graver dans la pierre la devise Je me souviens juste en dessous des armoiries du Québec, qui se trouvent au-dessus de la porte principale de l'Hôtel du Parlement à Québec. Taché ne semble pas avoir laissé de document mentionnant de façon explicite le sens de la devise.
La première interprétation du sens de la devise que l'on puisse citer est celle de l'historien Thomas Chapais qui, dans un discours donné à l'occasion du dévoilement d'une statue en bronze à la mémoire du duc de Lévis, le 24 juin 1895, dit : « [...] la province de Québec a une devise dont elle est fière et qu'elle aime à graver au fronton de ses monuments et de ses palais. Cette devise n'a que trois mots : « Je me souviens » ; mais ces trois mots, dans leur simple laconisme, valent le plus éloquent discours. Oui, nous nous souvenons. Nous nous souvenons du passé et de ses leçons, du passé et de ses malheurs, du passé et de ses gloires ».
« Nous nous souvenons du passé et de ses leçons »…du passé, certes, mais qu’en est-il des leçons du passé ? Quelles leçons en avons-nous retirées ? Après 150 ans de frustrations à répétition concernant notre identité socio-culturelle et linguistique, nous en sommes pourtant encore là à supporter docilement le joug d’un gouvernement fédéral centralisateur et dominateur.
« Je me souviens », oui, mais après ? Qu’attendons-nous pour tirer les leçons du passé et enfin nous affirmer en tant que nation autonome qui lèguera à ses descendants le souvenir d’un passé qui l’a conduit sur le chemin de l’indépendance du Québec…Alors seulement, il sera bon de clamer notre devise « Je me souviens ! »
quebechebdo 26 novembre 2013
vigile.net tribune libre 26 novembre 2013
Henri Marineau

