Recto et verso du bilinguisme

« L’État bilingue est une vue de l’esprit : la langue de la majorité finit toujours par avoir raison de celle de la minorité. Au mieux, la langue de la minorité n’en arrive plus qu’à exprimer un folklore dénué de toute force politique. » Victor-Lévy Beaulieu

Tout au cours de ma carrière comme enseignant de français langue maternelle au secondaire, il m’est arrivé à maintes occasions d’inciter mes élèves à bien connaître leur langue et à la concevoir comme l’outil de communication qu’ils devront utiliser tout au cours de leur vie peu importe le domaine dans lequel ils seront appelés à évoluer.

Par ailleurs, plusieurs d’entre eux me questionnaient sur l’importance de l’anglais comme langue seconde dans l’espace anglophone qui les entourait et, à chaque fois, j’insistais sur l’importance de manipuler la langue seconde tout en arguant qu’ils devaient d’abord maîtriser leur langue maternelle sinon ils risquaient de tomber éventuellement dans un processus d’assimilation progressif et pernicieux.

Dans la foulée du commentaire de Victor-Lévy Beaulieu cité au début de ce billet, je suis d’avis qu’il faut distinguer le bilinguisme individuel du bilinguisme institutionnel, à savoir tracer la ligne entre les atouts incontestables pour un individu de maîtriser une langue seconde et les conséquences désastreuses de voir la langue de la majorité engloutir celle de la minorité et d’en n’arriver « qu’à exprimer un folklore dénué de toute force politique. »…Un bilinguisme retors contre lequel les Québécois doivent se prémunir s’ils désirent demeurer une véritable société distincte dans le contexte anglophone nord-américain.

vigile.net tribune libre 3 novembre 2013
quebechebdo 6 novembre (version abrégée)

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