La saga Nathalie Normandeau
Selon les informations obtenues par l’équipe de l’émission « Enquête », les policiers de l’Unité permanente anticorruption étaient à la recherche de preuves dans des dossiers de financement politique occulte lors de leur perquisition qui s’est déroulée dans la plus grande discrétion au siège social du Parti libéral du Québec à Montréal en juillet 2013.
Cette perquisition s’inscrirait dans le cadre d’une enquête de l’UPAC sur la question du financement politique illégal. Mais rien ne permet de savoir qui sont les individus visés.
Or, devant la commission Charbonneau, l’an dernier, l’ex-entrepreneur Lino Zambito avait témoigné sur sa participation à certaines activités de financement impliquant le PLQ.
Il avait éclaboussé au passage diverses personnalités politiques liées au Parti libéral, soit les ex-ministres Nathalie Normandeau et Line Beauchamp, l’ancien organisateur Pierre Bibeau et Violette Trépanier, ex-ministre et responsable du financement du parti.
M. Zambito avait même évoqué le lieu du siège du PLQ dans son témoignage en parlant d’une activité de financement politique qu’il avait organisée pour Nathalie Normandeau, en 2008, une soirée qui avait rapporté 110 000 $ grâce à l’utilisation de prête-noms, selon son témoignage.
À cette occasion, Nathalie Normandeau avait fait les manchettes en raison de sa proximité avec Lino Zambito, témoin-vedette à la commission Charbonneau. À la suite de cette activité, en chevalier galant, M. Zambito avait fait parvenir un bouquet de 40 roses à la vice-première ministre pour son anniversaire. Visiblement touchée, Mme Normandeau avait répondu à Zambito avec une lettre débutant par « Cher Lino ».
Récemment, l’ex-vice-première ministre, dans une brève déclaration émis au Bureau d’enquête de Radio-Canada affirmait « se sentir visée injustement par la perquisition de l’Unité permanente anticorruption aux bureaux de la permanence du Parti libéral du Québec survenue en juillet dernier. »
Par ailleurs, certaines sources ont confirmé que, si l’ancienne numéro deux du cabinet de Jean Charest n’a pas été rencontrée individuellement, des membres de son cabinet, eux, l’ont été. Selon ces mêmes sources, au moins une personne qui travaillait avec Nathalie Normandeau vers la fin de sa carrière politique a été interrogée par l’UPAC relativement à des questions de financement et de subventions.
Enfin, le dernier épisode de la saga Normandeau, l’ex-ministre libérale a nié catégoriquement le 26 septembre avoir été contactée par l’UAC, dans la foulée de la perquisition effectuée à la permanence du PLQ en juillet dernier, alors qu’elle assistait aux assises annuelles de la Fédération québécoise des municipalités, au Centre des congrès de Québec.
Croisée dans un corridor, Mme Normandeau a d’abord refusé de répondre aux questions des journalistes, prétextant qu’elle n’avait « rien à dire », mais elle a par la suite tenu à rétablir les faits, en soutenant que personne de l’UPAC, ni d’ailleurs de la commission Charbonneau, n’était entré en contact avec elle. « Je n’ai jamais été contactée par les gens de l’UPAC, en aucun temps, personne, personne, et pas davantage par les enquêteurs de la commission Charbonneau, je ne commenterai pas autre chose que ce que je viens de vous dire. »
Dans toute cette saga, même si les preuves tangibles d’ « activités tendancieuses »contre l’ex-vice-première ministre ne sont pas encore étalées, il me semble que la vie secrète de Nathalie Normandeau est sur le point de ressortir des antichambres du pouvoir…Comme dirait l’adage, il n’y a pas de fumée sans feu et, dans le cas présent, la « fumée » devient de plus en plus dense…à suivre !
vigile.net tribune libre 28 septembre 2013
quebechebdo 28 septembre 2013
Henri Marineau

