Si Gérald Godin vivait encore!…

Au début des années 70, le portrait démographique du Québec se diversifie, avec l'arrivée massive d'immigrants. Début des années 80, devenu ministre de l'Immigration dans le cabinet de René Lévesque du 6 novembre 1980 au 30 avril 1981 et ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration du 30 avril 1981 au 25 septembre 1984, Gérald Godin compte bien faire participer les immigrants à la révolution qui anime le Québec de l’époque.

« Nous devons former avec les communautés culturelles un monde nouveau, une société modèle, meilleure, libre, ouverte et accueillante, car la diversité culturelle est garante de l'enrichissement et de l'ouverture d'esprit d'une nation. »

Gérald Godin voyait dans l’engagement du gouvernement envers les diverses communautés culturelles et la diversité ethnique une chance pour la société québécoise de définir des objectifs plus profonds. Selon lui, ce qui manquait au Québec, c’était un « projet social stimulant » qui porterait des valeurs non matérialistes comme la fraternité, la générosité envers autrui, l’ouverture et la solidarité.

Certains répliqueront que le contexte démographique a changé depuis cette époque et que les immigrants occupent maintenant une large part de la population du Québec et j’en conviens…Toutefois, malgré ce changement de décor politique, ne serait-ce pas pertinent de nous demander si les valeurs de « fraternité, de générosité envers autrui, d’ouverture et de solidarité » qui animaient les propos de Gérald Godin au début des années 80 auraient changé aujourd’hui s’il ne nous avait pas quittés aussi abruptement en 1994…

Dans le débat d’idées qui anime le Québec depuis le dépôt officiel du projet de Charte des valeurs québécoises par le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, les tensions sont suscitées particulièrement par l’interdiction de porter des signes religieux ostentatoires en milieu de travail, l’argument premier des opposants étant le fait que la Charte viendrait brimer les libertés religieuses.

Un « monde », soit 20 ans, sépare celui de Gérald Godin de celui de d’aujourd’hui…Toutefois, ce « monde » a-t-il pour autant renié les valeurs qu’a poursuivies avec acharnement et conviction l’homme public tout au long de sa carrière politique?

quebechebdo 19 septembre 2013

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