Un recul gênant

Dans la foulée des révélations de la commission Charbonneau sur la collusion et la corruption entre les élus municipaux, les firmes de génie conseil et l’industrie de la construction, le gouvernement Marois, en décembre 2010, invoquait que le titulaire de la charge de premier ministre ne devrait pas demeurer en poste pendant plus de deux mandats ou pendant plus de 10 ans et que la durée d’un règne de maire d’une municipalité de plus de 5000 habitants ne devrait pas excéder trois mandats ou 12 ans, des mesures qui s'inscrivaient dans un plan visant «l'assainissement des moeurs politiques au Québec».

Le 19 septembre 2012, à l'occasion de la présentation de son conseil des ministres, la nouvelle chef du gouvernement, Pauline Marois, avait indiqué qu'en plus de la Charte de la laïcité, de la révision du financement des partis politiques et de l'instauration d'une date fixe pour les élections, le ministre Bernard Drainville devait oeuvrer à la «limitation des mandats des élus».

La première ministre avait précisé ses intentions le 31 octobre suivant, lors d'un discours prononcé à l'ouverture de la 40e législature de l'Assemblée nationale. «Nous discuterons également avec les élus municipaux et avec les partis d'opposition de la possibilité de limiter à trois les mandats des maires», ce dernier volet du plan devant être piloté par le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault.

Or, aujourd'hui, il n'en est plus question. Ces projets ne sont plus considérés comme porteurs. Hormis le fait que les maires du Québec ont soulevé une levée de boucliers contre les intentions du gouvernement sur la limitation de leur nombre de mandats, le changement de cap de Pauline Marois, incluant la limitation du nombre de mandats du premier ministre à deux, revêt toutes les apparences d’un climat propice à des élections printanières.

En réalité, ce que je comprends du recul du gouvernement péquiste sur ses intentions d’assainissement des mœurs politiques au Québec, c’est que le pouvoir, indépendamment du parti au pouvoir, peut avoir ses bons côtés pour autant que vous formez un gouvernement dirigé par le Parti québécois et que les maires du Québec montrent patte blanche devant leurs électeurs!

quebechebdo 17 septembre 2013

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