Charte des valeurs québécoises: crucifix au banc des accusés
« Ce qui a guidé nos propositions, c'est notre profond attachement aux valeurs québécoises, et en particulier à quatre d'entre elles…
La troisième valeur qui traverse l'ensemble de nos propositions, c'est la neutralité religieuse de l'État québécois. La meilleure façon de respecter toutes les croyances et toutes les religions, c'est que l'État n'en ait aucune. L'État québécois doit être neutre, laïque, et le principe de la séparation entre les religions et l'État doit être inscrit et affirmé »
Bernard Drainville, député de Marie-Victorin et ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne
La meilleure façon de respecter les croyances de chacun, «c'est que l'État demeure neutre et n'ait aucune religion», peut-on lire dans le document présenté à la presse par Bernard Drainville. Toutefois, il n'est pas question de se départir de symboles religieux tels le crucifix de l'Assemblée nationale ou la croix du Mont-Royal, parce que «la religion a joué un rôle fondamental dans l'histoire du Québec» et qu'il faut «préserver cet héritage»
Plaçons-nous quelques secondes dans la tête d’une musulmane à qui « le gouvernement du Québec propose d'interdire les signes religieux ostentatoires pour le personnel de l'État, sur les heures de travail », qui assiste à la période de questions à l’Assemblée nationale où le crucifix est suspendu au-dessus du siège du président d’assemblée et qui, perplexe, se fait répondre par un Québécois que «la religion a joué un rôle fondamental dans l'histoire du Québec» et qu'il faut «préserver cet héritage».
Croyez-vous sincèrement que le Québécois aura convaincu la musulmane du bien-fondé de son argumentaire? Et si la même musulmane contestait la présence du crucifix à l’AN devant un tribunal en relation avec le principe de « la neutralité religieuse de l’État québécois » !…
Comprenez-moi bien, je suis complètement en accord avec une charte qui prône la neutralité de l’État et l’égalité hommes-femmes. Toutefois, en voulant y enchâsser les valeurs québécoises pour pallier les inconvénients des accommodements raisonnables, le gouvernement a mis les pieds dans un engrenage qui exige que la logique de ses arguments soit respectée jusqu’au bout.
Voilà pourquoi, le crucifix de l’Assemblée nationale, symbole de la religion catholique et, par conséquent de la non-neutralité de l’État, doit être retiré.
quebechebdo 11 septembre 2013
cyberpresse.ca 12 septembre 2013 "Vos réactions au projet de charte des valeurs québécoises" "Le crucifix au banc des accusés"(version abrégée)
vigile.net tribune libre 12 septembre 2013 "Contre toute logique!"
Henri Marineau

