Droit de grève des associations étudiantes
Le débat de société suscité par les événements du printemps érable 2012 concernant la reconnaissance du droit de grève aux associations étudiantes soulève, à mon sens, la distinction fondamentale entre les droits collectifs et les droits individuels.
D’entrée de jeu, le droit de grève est un droit fondamental reconnu aux salariés par le code du travail, la grève étant définie comme un mouvement de contestation collectif, entraînant une cessation totale du travail des grévistes, effectuée dans le but d'obtenir la satisfaction de revendications d'ordre professionnel.
Or, les étudiants prétendent que leur droit de grève étudiante découle directement du droit de liberté d'expression et du mandat de représentation qu'octroie la loi aux associations étudiantes québécoises et non pas d'une disposition législative du code du travail. Si les employés syndiqués ont ce droit collectif d'empêcher des travailleurs de travailler, pourquoi les associations étudiants n'auraient pas le droit collectif d'empêcher des étudiants d'étudier?
À mon sens, il est inopportun de parler du droit de grève pour les associations étudiantes. Toutefois, nonobstant la considération légale du droit de grève reliée aux travailleurs syndiqués, les associations étudiantes, en assemblée générale dûment convoquée auprès de leurs membres et mandatées par la majorité de ceux-ci, sont tout à fait légitimées de manifester leur désaccord sur une mesure gouvernementale qu’elles jugent injuste…une mesure qui attirera davantage de sympathie auprès de l’opinion publique!
quebechebdo 19 août 2013
Le Journal de Québec 26 août 2013 "Légitimés de manifester leur désaccord"
Henri Marineau

