Esclaves du téléphone

La «nomophobie», née de la contraction de l’expression anglaise «no mobile phone» et du grec «phobie» (peur), a été inventée au cours d’une étude menée en février 2008 par une organisation de recherche basée au Royaume-Uni pour observer les angoisses subies par les utilisateurs de téléphones mobiles. Cette étude a révélé, entre autres, que 53 % des utilisateurs de téléphones mobiles, dont 76 % chez les jeunes de 18 à 24 ans en Grande-Bretagne, ont tendance à être anxieux quand leur téléphone est perdu, à court de batterie ou de crédit ou qu’ils n’ont aucune couverture réseau.

Pour sa part, Mme Brigitte Vincent, qui œuvre au sein du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal — Institut universitaire, ne s’étonne guère d’observer des symptômes troublants chez des gens particulièrement attachés à leur cellulaire. Elle soutient que certains d’entre eux présentent des symptômes qui s’apparentent à ceux des alcooliques ou encore des joueurs compulsifs, à savoir que, lorsqu’ils sont privés de leur cellulaire, ils ressentent un sentiment de vide et d’anxiété.

Enfin, Mme Vincent note que le recours au portable est «toxique» lorsqu’on ne peut littéralement plus s’en passer et que son utilisation devient une entrave à l’accomplissement de nos responsabilités quotidiennes, une évolution qui semble irréversible et qui nous conduit, à mon sens, à une dépendance maladive qui érige un mur pernicieux entre les utilisateurs compulsifs du cellulaire!

Le Journal de Québec 16 août 2013
quebechebdo 16 août 2013

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