Les vertus de la franchise
Fidèle à ses valeurs marquées par la franchise envers les Québécois, le nouveau premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), selon un dernier sondage Léger, s’est vu remettre un mandat minoritaire, la question référendaire sur l’indépendance du Québec après le départ de Donald Trump de la Maison Blanche ayant occupé, en fin de campagne, un enjeu prioritaire des Québécois derrière le coût de la vie. En somme affirme le sondeur, n’eût été du spectre référendaire dans la campagne, le Parti québécois (PQ) aurait obtenu un mandat majoritaire de la part de l’électorat.
Or PSPP a fait le choix de la franchise, une qualité souvent malheureusement galvaudée en politique. Devons-nous lui en tenir rigueur pour autant? Dans mon esprit, la réponse est non, la vérité ayant toujours sa place même en politique. Les Québécois ne sont pas dupes et ils ont horreur des jeux de cache-cache avec les politiciens. Tôt ou tard, la fronde se retournera contre le politicien qui leur a menti, et cette fois-là, les conséquences seront plus sévères que celles qui pourraient être liées à l’honnêteté.
En contre- partie, le pire ennemi de PSPP demeure ses sorties à l’emporte-pièce qui le conduisent parfois à lancer des paroles blessantes envers tel personnage politique ou tel groupe de la société, le meilleur exemple touchant l’épineux dossier de l’immigration à propos duquel il devra ranger sous le tapis son caractère parfois soupe au lait en apprenant à vivre avec les critiques des partis d’opposition.
Enfin je suis d’avis que le parti de PSPP s’en tiendra à offrir aux Québécois un « bon gouvernement » formé d’une équipe compétente qui saura remplir ses engagements envers les Québécois pour les deux premières années de son mandat tel que promis en campagne par PSPP. Les cachotteries sont très mauvaises conseillères y compris et surtout en politique. De ce fait, même si le livre ouvert de PSPP lui aurait coûté la majorité, il pourra regarder ses électeurs droit dans les yeux et gouverner le Québec avec confiance, un atout, à mon sens, non-monnayable. Dans cette foulée, c’est l’historien, orateur et homme d'État français, François Guizot, qui disait que « la franchise ne s'apprend pas, elle naît de la noblesse et de l'indépendance de l'âme ».
Le Devoir 29 octobre 2026
Henri Marineau

