L’après-débâcle de la CAQ
Si la Coalition avenir Québec (CAQ) avait obtenu 4 sièges le 5 octobre et qu’elle aurait ainsi évité d’être complètement rayée de la carte électorale tout en n’étant pas reconnu comme parti officiel à l’Assemblée nationale, assisterions-nous à un débat entourant une possible disparition de la CAQ de l’échiquier électoral au Québec? Je suis porté à croire que les stratèges du parti se seraient retroussé les manches, et auraient trimé dur pour contribuer à sa relance.
C’est d’ailleurs la perception de Brigitte Legault, directrice générale et organisatrice en chef de la CAQ qui a participé à la création du parti créé par François Legault: « C’est le souhait. Nous avons 30 jours selon la loi électorale afin de pourvoir l’intérim d’un chef en fonction et donc ça se refait assez rapidement pour qu’on puisse après ça basculer vers l’après, vers la préparation, il y a beaucoup de gens qui lèvent la main, donc on veut se structurer pour la relance et aussi vers une course à la direction » tout en ajoutant que, « pour le moment, il n’est aucunement question de fusionner avec personne ».
De par sa composition même, la Coalition avenir Québec rallie des souverainistes et des fédéralistes, un amalgame pour le moins hétéroclite qui ajoute à la complexité d’établir un lien solide entre ses membres. Or nonobstant cette composition regroupant des membres d’allégeances à l’opposé de l’échiquier politique, la CAQ a tout de même obtenu deux mandats majoritaires consécutifs entre 2018 et 2026.
La CAQ peut-elle renaître de ses cendres? Encore faudrait-il d’abord les laisser tomber avant de les enterrer. Par ailleurs, je suis tout à fait en désaccord avec la troisième voie privilégiée par la CAQ, une stratégie qui conduit au cul-de-sac et qui relève entièrement de l’utopie. Toutefois, je respecte les partisans d’une telle approche, et je formule le souhait que la CAQ se relève et continue à apporter de l’eau au moulin au débat politique dans le respect de la libre expression reconnue à tous les citoyens indépendamment du parti auquel ils adhèrent.
Le Soleil 12 octobre 2026
Henri Marineau

