Christine Fréchette et la question qui tue
Au lendemain de l’émission Cinq chefs, une élection, lors d’une mêlée de presse, Christine Fréchette a été questionnée sur ses convictions personnelles sur l’avenir constitutionnel du Québec. Peine perdue, la première ministre sortante a répliqué, tel un leitmotiv, que le contexte de la guerre tarifaire n’est pas propice à lancer une démarche référendaire, et que, quoi qu’il en soit, « ma position personnelle n’a pas d’importance », a-t-elle argué. En clair, tant et aussi longtemps que Christine Fréchette demeurera chef d’un parti formé d’une coalition entre des fédéralistes et des souverainistes, elle ne s’avancera jamais sur un terrain aussi glissant que son allégeance politique. Du bonbon pour les libéraux de Charles Milliard qui voient dans ce silence une porte qui ouvre la voie au chef libéral pour représenter le camp du Non advenant un prochain référendum.
En revanche, quelques heures après sa déclaration controversée avec la presse, Mme Fréchette a admis sur les réseaux sociaux avoir déjà oeuvré pour le Parti québécois mais qu’elle avait « cheminé » depuis ce temps. Enfin là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est lorsque que la première ministre du Québec lance que sa position sur l’avenir constitutionnel du Québec « n’a pas d’importance », une déclaration-choc de la part d’une première ministre qui laisse pour le moins perplexe l’électorat alors qu’elle se doit, sur une sujet aussi crucial, de faire preuve de transparence à l’égard de la population.
Le Devoir 12 septembre 2026
Henri Marineau

