Qui dit vrai?
La saga sur les révélations du premier ministre Carney eu égard aux exigences des négociateurs américains en lien avec les allégations sur la langue française dans le cadre des négociations s’est amplifiée avec les déclarations du secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, qui accuse Mark Carney d’avoir inventé des exigences sur la langue française dans le cadre des négociations afin de bloquer l’élection du Parti Québécois.
À Ottawa toutefois, une source expliquait récemment que la question de la découvrabilité des produits francophones sur les plateformes numériques a bel et bien été ajoutée aux discussions dans le dernier droit des négociations, les exigences liées à la loi 101 n’ayant jamais été remises en cause par la partie américaine, assure cette source qui n’est pas autorisée à parler publiquement.
De son côté, la première ministre Christine Féchette jette son dévolu sur la version de son homologue canadien, une position qui, dans les faits, lui permet de se servir de ce bouclier pour alimenter son argumentaire autour du climat malsain dans lequel se sont terminées subitement les négociations.
Pour l’instant, le contenu des échanges entre les deux parties demeure confidentiel et, de facto, il est impossible de déterminer qui dit vrai dans cet imbroglio. Toutefois dans les faits, je suis plutôt d’avis que Christine Fréchette, en endossant la version de Mark Crney, met en lumière le climat d’instabilité causé par les tarifs américains tout en balayant sous le tapis les huit dernières années chaotiques de la CAQ au pouvoir, une position récupérée par les partis d’opposition.
Ce qui m’amène à ce constat : selon toute vraisemblance, l’échec des négociations avec les USA crée un terreau fertile à la mobilisation de l’électorat et risque de reléguer aux oubliettes les enjeux réels de cette campagne électorale, notamment les impacts de la montée du coût de la vie sur la qualité de vie des Québécois…et cela peu importe qui dit la vérité dans l’épineux dossier du français.
Le Devoir 4 septembre 2026
Henri Marineau

