Séparer le bon grain de l’ivraie

À l’exemple de bien d’autres personnes lorsqu’elles ont appris que Louise Arbour avait été désignée gouverneur général par le premier ministre du Canada, Mark Carney, un effet de surprise a surgi spontanément en moi. Comment, me suis-je dit, une femme au parcours professionnel aussi remarquable a-t-elle pu accepter un poste dont la pertinence est autant controversée? En revanche, l’allégeance affirmée de Mark Carney envers la monarchie ne fait aucun doute, son choix d’inviter le roi Charles III pour prononcer son discours du trône en mai 2025 en faisant foi.

Louise Arbour a parcouru la planète entière pendant toute sa vie active, appelée à être au centre des discussions sur des événements critiques qui menaçaient le respect de la justice envers les personnes et certains pays, et toujours, elle a suscité l’admiration pour sa droiture et sa détermination. Dans ces conditions, comment pourra-t-elle se sentir aussi utile en occupant un poste d’apparat dans lequel elle est confinée à incarner la présence du monarque britannique au Canada?

En toute honnêteté, il faut séparer le bon grain de l’ivraie. Louise Arbour demeurera toujours un personnage plus grand que nature même en occupant un poste associé à la conquête du Canada par les britanniques entre 1759 et 1760, tout un pan de notre histoire qui demeurera toujours présent dans le coeur des Québécois malgré l’aura dégagée par la forte personnalité de Louise Arbour.

Quant à Mark Carney, il a su tirer la bonne carte en la personne de Louise Arbour dont la présence dans son univers rapproché sera un atout précieux en lien avec les conseils qu’elle pourra lui prodiguer eu égard au climat géopolitique complexe avec lequel il doit composer.

vigile.quebec tribune libre 14 mai 2026

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