La guillotine de la honte
La scène d’une barbarie innommable montrant des militants d’« Alliance ouvrière » guillotiner une effigie du ministre du Travail, Jean Boulet, dépasse tout entendement. Par la voix d’un communiqué anonyme, les manifestants désignent le guillotinage du ministre comme une « performance carnavalesque », symbole historique de « la colère populaire contre des élites déconnectées ».
À l’origine de cette manifestation, le projet de loi 3, adopté en avril, portant sur la transparence et la gouvernance syndicales, porté par le ministre Boulé impose une transparence accrue et instaure des cotisations « facultatives » pour le financement d'activités non liées à la stricte défense des droits des membres.
La porte-parole de QS, Ruba Ghazal, a demandé aux militants d’Alliance ouvrière s’ils comptaient offrir des excuses au ministre Boulé. « Nous n’avons jamais dit nous-mêmes que l’effigie représentait le ministre Boulet. Ce sont les médias qui l’ont dit », ont rétorqué de façon évasive les assaillants. Ou ils prennent les Québécois pour des imbéciles, ou ils sentent la soupe chaude devant une éventuelle condamnation pour harcèlement criminel. Quant aux représentants des grandes centrales syndicales, ils sont demeurés muets jusqu’à maintenant.
De toute évidence, ces manifestants, qu’ils soient d’extrême gauche ou d’extrême droite, se rangent inéluctablement contre tout politicien qui pense différemment d’eux, et le démontrent ignominieusement en affichant la violence et le mépris. Notre société dite civilisée doit réagir contre de tels comportements, et servir une leçon exemplaire à ceux qui se sont rabaissés à exhiber sans scrupule la guillotine de la honte, ne serait-ce qu’en tranchant le cou d’une effigie en papier mâché. Le cirque a assez duré.
vigile.quebec tribune libre 9 mai 2026
Henri Marineau

