Le PLC, un parti de pouvoir
Rien ne semble vouloir arrêter l’appétit du premier ministre canadien Mark Carney pour récupérer les députés qui manifestent quelque intention de se joindre à son parti. À preuve, si la députée conservatrice Marilyn Gladu, une alliée des opposants à l’avortement et du convoi des camionneurs (des positions idéologiques que M. Carney qualifie de « petites divergences » d’opinions) peut maintenant se dire libérale, existe-t-il une quelconque ligne rouge à franchir pour se pavaner sur le parquet rouge? « Des députés ont changé de camp pour rejoindre notre équipe. Ils comprennent l’importance de ce qui est en jeu », a lancé Mark Carney lors de son allocution de clôture du Congrès des libéraux tenu à Montréal. Dans un contexte quasi euphorique, il n’est pas étonnant que les rumeurs concernant d’autres conservateurs prêts à revêtir le rouge ont monopolisé les discussions, M, Carney laissant entendre ouvertement qu’il était ouvert aux « affaires ».
L’ex-gouverneur des Banques d’Angleterre et du Canada se montre ainsi ouvert à transiger. En revanche, certains libéraux chuchotent en coulisses qu’ils souhaitent tout de même recevoir l’assurance que leur parti a encore une âme tout en se gardant de cracher dans la soupe avec un chef aussi populaire qui a sauvé le parti de la déchéance il y a à peine un an.
Par ailleurs, dans toute cette saga migratoire, en aucun moment, Mark Carney n’a fait allusion aux grands perdants, à savoir les électeurs des transfuges qui se voient littéralement abandonnés par leur député. Un lourd silence de sa part qui traduit sans équivoque son manque complet d’empathie envers les citoyens canadiens qui ont accordé avec confiance leur vote en faveur de candidats conservateurs. Une indifférence désinvolte qui fait ressortir sans équivoque toute la primauté accordée au pouvoir par le premier ministre libéral Carney.
vigile.quebec tribune libre 26 avril 2026
Henri Marineau

