L’école en souffrance
Le budget Girard 2026-2027 en éducation est de 24 milliards$, soit une hausse de 2,4%, une somme ne permettant que de couvrir les frais de fonctionnement sans égard aux dépenses d’immobilisations reliés à la vétusté des bâtiments. Même scénario pour la déferlante de la violence sous toutes ses formes pour lequel le système peine à dénicher du personnel spécialisé.
Or les sommes attribuées par le ministre des Finances, Éric Girard, permettent tout juste à empêcher le navire de couler si bien que les résolutions émanant d’éventuels États généraux risquent d’aboutir à un coup d’épée dans l’eau. En revanche, lors de son élection en 2018, le gouvernement Legault s’était engagé à faire de l’éducation sa priorité des priorités.
Les dernières négociations des conventions collectives avec les employés du secteur public, notamment avec les enseignants, ont permis de répondre globalement aux demandes des enseignants eu égard à leurs conditions salariales. En revanche, la pénurie de personnel spécialisé et la décrépitude des écoles sont demeurées des réalités bien présentes encore aujourd’hui, créant des besoins criants dans les infrastructures et la lutte contre la croissance de la violence à vitesse grand V dans et hors de nos écoles.
Dans ces circonstances fort inquiétantes liées aux budgets limités, les responsables des Centres de service scolaires sont placés devant deux choix : ou procéder à la remise à neuf des infrastructures ou mettre en place une politique contre la violence à l’école nécessitant l’engagement des ressources humaines nécessaires à juguler le phénomène pervers de la violence.
À mon sens, le choix est évident. En ouvrant ses portes le matin, l’école a pour mission notamment de former les adultes de demain dans un monde où prime un climat respectueux envers le personnel scolaire et les élèves, et favorable à l’acquisition des connaissances. On aura beau bâtir de nouvelles écoles ou procéder à la rénovation de certaines, cela ne changera en rien les comportements violents liés malheureusement souvent à l’addiction des jeunes aux médias sociaux.
De ce fait, le ministère de l’Éducation, en collaboration avec les responsables des Centres de service scolaires, des parents et des intervenants des organismes communautaires doivent faire front commun pour pallier en amont les effets collatéraux de la violence tels les traumatismes à court, à moyen ou à long terme chez les victimes les plus vulnérables. Il en va de l’imputabilité de tous les agents d’éducation.
vigile.quebec tribune libre 31 mars 2026
Henri Marineau

