Balivernes!
Pendant qu’une bonne partie du Québec s’indigne et demande la tête de Michael Rousseau, au sein du ROC, plusieurs commentateurs, chroniqueurs et politiciens lèvent les yeux au ciel invoquant avec mépris un énième et fastidieux débat linguistique. De toute évidence, les deux peuples fondateurs sont à des milliers de lieues d’une entente sur les effets collatéraux de la bévue de Michael Rousseau sur la primauté de la langue française au Québec. Un impair qui n’est pas sans nous rappeler la version abracadabrante de Mark Carney sur la bataille des Plaines d’Abraham.
Un pilote d’avion québécois est décédé lors de la collision entre l’avion qu’il pilotait et un camion de pompiers qui circulait sur le tarmac au moment du choc fatal. S’ensuivit la présentation d’une vidéo au cours de laquelle le p.d-g d’air Canada, Michael Rousseau, offre ses condoléances à la famille du pilote Antoine Forest exclusivement en anglais, hormis les deux mots « bonjour » et « merci ».
Il n’en fallait pas davantage pour que la communauté francophone s’indigne à juste titre devant une bavure aussi grotesque du p.d-g. Or le ROC ne voit dans cette levée de boucliers à la défense du français au Québec que balivernes, qu’une « montée de lait » théâtrale et burlesque. Décidément le ROC et le Québec sont plongés dans deux mondes antinomiques qui évoluent inéluctablement en parallèle et qui sont prédestinés historiquement à l’incompréhension réciproque.
vigile.quebec tribune libre27 mars 2026
Henri Marineau

