ChatGPT, le robot confident
L’utilisation du robot conversationnel ChatGPT a été propulsée à une vitesse vertigineuse au cours des dernières années, si bien qu’un sondage mené par Common Sense Media en 2025 révèle qu’un tiers des adolescents préfère les compagnons IA aux humains pour des conversations sérieuses. De la rédaction de messages délicats à l’analyse de conversations amoureuses, l’intelligence artificielle s’impose peu à peu comme un conseiller relationnel chez les jeunes.
En revanche, Joséphine Arrighi de Casanova, vice-présidente du collectif MentalTech, est catégorique : « Chez un utilisateur qui est en souffrance psychologique […], se confier à un robot conversationnel tel ChatGPT risque de l'isoler davantage. Et on sait que l'isolement est un facteur très aggravant pour la santé mentale ».
Toujours accessible, ChatGPT peut sembler remplacer un confident. Mais attention à ne pas lui confier vos états d'âme ou vos histoires personnelles. Le robot explique qu'il est capable d'écouter, de mettre des mots et d'apporter des outils de réflexion, mais son rôle ne peut pas aller au-delà. « Un confident humain reste irremplaçable », répond-il quand on le questionne, car « je n'ai pas d'émotion », argue-t-il.
À mon avis, il appartient à Santé Québec d’intervenir en amont auprès des jeunes via des campagnes publicitaires et des rencontres exploratoires dans les écoles primaires et secondaires pour mettre en garde les jeunes contre l’utilisation du robot conversationnel ChatGPT en lien avec des situations à caractère émotionnel. L’IA comporte des limites, et il est impératif que les jeunes en soient informés le plus tôt possible au cours de leur évolution personnelle. Il en va du sain développement de leur santé affective.
vigile.quebec tribune libre 19 mars 2026
Henri Marineau

