L’école sous l’emprise de la violence
Depuis quelques années, le phénomène de la violence à l’école ne cesse de s’accroître, empruntant des voies diversifiées et parfois même inattendues. L’école d’aujourd’hui récolte les méfaits d’une société qui a perdu ses repères aux mains de la prolifération exponentielle des médias sociaux, véritables fléaux semant la violence sous toutes ses formes particulièrement chez les jeunes.
Selon la plupart des études réalisées sur le sujet, les garçons sont les plus visés par l’explosion de violence à l’école, le masculinisme machiste récoltant de nombreux adeptes qui développent à outrance une misogynie galopante. À titre d’exemples, des enseignantes se font dire de retourner à la maison pour s’occuper de leurs enfants et de leur mari. L’extrême droite du mouvement MAGA de nos voisins du Sud initiée par Donald Trump a rapidement étendu ses tentacules de l’autre côté de la frontière jusque dans nos écoles.
De toute évidence, le contexte géo-politique fragile, voire explosif à l’occasion, influe sur les comportements des jeunes d’aujourd’hui, la violence se répercutant jusque dans les écoles et, par ricochet, chez les élèves. Le personnel scolaire, principalement les enseignants, sont confrontés à des situations conflictuelles pour lesquelles ils n’ont pas été formés d’une part et le personnel spécialisé pour intervenir adéquatement manque à l’appel d’autre part.
De leur côté, les parents sont pris en otages entre l’influence souvent négative des médias sociaux sur leurs jeunes et la responsabilité qui leur incombe de doser leur utilisation, une situation qui tourne souvent à la confrontation entre eux.
Dans les faits, la société d’aujourd’hui dite « civilisée » a littéralement perdu ses ancrages au profit d’un monde de violence duquel elle n’arrive plus à se défaire, et l’école n’y échappe pas. Un retour aux valeurs traditionnelles tels le respect et la persévérance s’impose. L’ensemble des intervenants en éducation, y compris les parents, se doivent de retisser les liens avec la jeunesse d’aujourd’hui. Et, pour y arriver, il faut consacrer du temps à cette tâche essentielle à la réconciliation avec les jeunes. L’école ne s’en portera que mieux dans un climat où la communication des connaissances, la raison d’être de l’école, se réappropriera ses lettres de noblesse.
vigile.quebec tribune libre 8 mars 2026
Henri Marineau

