Rapport Gallant, zoom sur l’imputabilité ministérielle
« Quand le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend l'escalier….mais finit toujours par se révéler » dit un proverbe attribué à la sagesse africaine qui s’applique mutatis mutandis au rapport du commissaire Denis Gallant sur le fiasco SAAQclic.
Lors de leur comparution devant la Commission Gallant, et la ministre des Transports Geneviève Guilbault et le premier ministre François Legault ont affirmé haut et fort qu’ils n’avaient pas été informés de la hausse des coûts du projet SAAQclic qui avaient doublé depuis le début des opérations. Or le rapport confirme que le PDG Éric Ducharme, nommé au printemps 2023 après le lancement catastrophique de SAAQclic, a informé la ministre des Transports en juin et le bureau du premier ministre au mois d’août que les coûts de SAAQclic étaient devenus hors de contrôle. Ou le PDG ment ou Geneviève Guilbault et François Legault mentent, et si tel est le cas, en vertu de l’imputabilité ministérielle qui leur incombe, ils auraient dû mettre illico le projet sur pause et sont, de facto redevables du fiasco SAAQclic..
Un différentiel d’un demi million de dollars entre les projections de départ et la réalité après des années de mensonges éhontés de la part des hauts dirigeants de la SAAQ sur l’évolution chaotique du projet puisé dans les poches des contribuables ne doit pas être relégué impunément aux oubliettes. François Legault aura beau invoquer son intention de poursuivre les dirigeants de la SAAQ en justice, il ne pourra justifier son laxisme dans le fiasco SAAQclic, notamment son silence inadmissible lorsqu’il a été mis au courant en 2023 des dépassements de coût faramineux liés au projet. Idem pour Geneviève Guilbault.
Nous ne connaîtrons probablement jamais toute la vérité sur ce bordel informatique. En revanche, l’imputabilité ministérielle de Geneviève Guilbault et de Franôis Legault est désormais grandement entachée. D’un côté, le premier ministre laisse derrière lui une tache indélébile sur son héritage politique, de l’autre l’ex-ministre des Transports devra renoncer à court et à moyen terme à toute velléité d’occuper un jour le poste de première ministre.
vigile.quebec tribune libre 18 février 2026
Henri Marineau

