La « fédéralgie »
Les relations fédérales-provinciales entre Ottawa et Québec se sont souvent conclues par un avantage en faveur du gouvernement fédéral au détriment souvent du caractère distinct du Québec. Ainsi en est-il du rapatriement de la Constitution de 1982 sans l’accort du Québec, de l’ingérence éhontée du gouvernement fédéral dans les référendums de 1980 et de 1995 au Québec, de la loi sur la clarté référendaire de Stéphane Dion et, tout récemment, du discours fallacieux du premier ministre du Canada, Mark Carney, sur l’historique tordu de la bataille des Plaines d’Abraham.
Enfin dans cette foulée interventionniste, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, pousse les effets nocifs de la « fédéralgie » jusqu’à intervenir directement dans la politique québécoise en incitant les Québécois à ne pas voter pour le Parti québécois lors du prochain scrutin du 5 octobre 2026 pour éviter le « désastre, dans un appel pathétique à l’unité canadienne alors qu’il est allé jusqu’à ajouter l’opprobre à l’insulte en invitant les médecins du Québec à venir pratiquer chez lui, et cela, en plein conflit entre Québec et les médecins l’automne dernier.
Par ailleurs, il est tout de même fort révélateur que, nonobstant les nombreux appels de Mark Carney à l’abolition des mesures tarifaires interprovinciales dans le but de favoriser l’unité canadienne, aucune mesure concrète n’ait été mise de l’avant jusqu’à maintenant dans ce dossier. On peut aussi ajouter à la liste des écueils liés à la « fédéralgie » le bras de fer entre l’Alberta et la Colombie Britannique eu égard à la construction éventuelle d’un pipeline partant du territoire de Danielle Smith, enjambant la province de David Eby pour amerrir dans le Pacifique.
En résumé, historiquement, le fédéralisme canadien a joué à maintes occasions en défaveur du Québec. Aujourd’hui, les menaces de Donald Rump sur ses velléités d’acquérir le Canada comme le 51e État des États-Unis appellent le premier ministre canadien à lancer un cri d’alarme en faveur de l’unité canadienne. Au Québec, les cicatrices laissées par la défaite des troupes canadiennes-français aux mains des troupes britanniques sur les Plaines d’Abraham sont encore vives. Mark Carney devra s’en souvenir s’il désire vraiment mettre de l’avant l’unité canadienne.
vigile.quebec tribune libre 31 janvier 2026
Henri Marineau

