L’Église de la rue…messagère d’un monde meilleur
« Nous perdons des gens parce qu'ils ne comprennent pas ce que nous disons, parce que nous avons oublié le langage de la simplicité et faisons appel à un intellectualisme qui nous est étranger », d’où la nécessité, pour les prêtres et les jeunes catholiques, de changer le statu quo, de sortir des églises et de tenter de rejoindre les membres les plus marginalisés de la société, ou risquer de les perdre au profit d'Églises rivales.
Tel est, à mon sens, le message central que le pape François souhaite livrer à ses fidèles au cours de son pontificat. Dans son discours, présenté devant près de 300 évêques lors d'un dîner à la résidence de l'archevêque de Rio, le pape a sonné l’alarme en demandant si l'Église catholique moderne était toujours capable de «réchauffer les « coeurs» de ses fidèles, si les prêtres prenaient le temps d'écouter leurs problèmes et de demeurer proches d'eux, et d'agir comme une «mère» qui leur donne non seulement la vie, mais qui prend soin d'eux.
Tout comme ailleurs, à travers le monde occidental, l’Église catholique du Québec est remise en question depuis longtemps pour s’être renfermée dans ses églises tout en prônant un discours « intellectuel » qui a eu pour effet de la déconnecter de ses fidèles. À Rio de Janeiro, le pape est allé jusqu’à inviter des centaines de milliers de jeunes pèlerins qui s’étaient massés pour l’entendre dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse à «brasser la cage» dans leurs diocèses, quitte à provoquer des confrontations avec les prêtres et les évêques.
François a aussi transmis son message d’ouverture aux plus démunis lors d'une rencontre avec l'élite politique, économique et intellectuelle du Brésil, pressant les dignitaires de protéger les plus pauvres et d'utiliser leur pouvoir pour travailler au bien commun tout en les invitant à un meilleur dialogue entre les générations, les religions et les peuples.
Indépendamment de nos croyances religieuses, on ne peut rester insensible au message universel de François qui exhorte autant l’ensemble du clergé que les dirigeants politiques à se sensibiliser aux besoins de leurs commettants et à humaniser leur rapport avec eux…une « Église de la rue », messagère d’un monde meilleur!
quebechebdo 29 juillet 2013
Henri Marineau

