Je rêve depuis plus de quarante ans

23 août 2012

Je rêve depuis plus de quarante ans
D’un pays en terre d’Amérique
Qui se libère des sorts maléfiques
Qui le harcèlent depuis tant de temps

Je rêve depuis plus de quarante ans
D’un peuple qui ose s’affirmer
Et clamer sa soif de liberté
Par delà les carcans étouffants

Je rêve depuis plus de quarante ans
D’une voix qui proclame ses convictions
Au-delà des stériles ambitions
D’un pouvoir bêtement avilissant

Je rêve depuis plus de quarante ans
D’une nation québécoise française
Qui arrête de filer à l’anglaise
Devant un adversaire dénigrant

Je rêve depuis plus de quarante ans
De reprendre fièrement mes cours d’eau
Mes forêts, mes mines, mes animaux
Et d’en disposer comme je l’entends

Je rêve depuis plus de quarante ans
D’un Québec libre et souverain
Qui aspire à se prendre en main
Et à s’assumer toutes voiles au vent

 

Je suis une langue fière

29 mars 2012

Certains me disent belle
Mais je ne suis pas de celles
Qui se nourrissent de miel
Ou d’une pincée de sel

J’ai traversé les mers
Pour m’établir ici
Dans ce vaste pays
De froids et longs hivers

J’y ai vite pris racine
Je me suis senti chez moi
J’ai lacé mes bottines
Et suis parti au bois

M’attendait au retour
Une langue étrangère
Empiétant sans détour
Sur les droits de mes terres

Je ne suis pas guerrière
Mais je ne suis pas de celles
Qui se nourrissent de miel
Je suis une langue fière

J’ai traversé les mers
Pour m’établir ici
Au pourtour des rivières
Où m’accueille ce pays

Je suis ici chez moi
Je suis revenu du bois
Je remets mes bottines
Et reprends mes racines

 

 

 

La traversée du désert

20 mars 2012

Il a toujours existé sur cette terre
Des générations généreuses de mères
Pour qui le sentiment d’utilité
Incarnait la fontaine où s’abreuver

Il fut un temps pas lointain où ma mère
Avait érigé tout son univers
Autour du besoin criant de donner
À ses enfants sans jamais demander

Puis emportée dans un destin pervers
A vite basculé tout son univers
Lorsque ses oiseaux ont quitté le nid
Construit au cours de toutes ces décennies

Ce fut alors la descente aux enfers
Son âme s’est réfugiée dans un cancer
Qui l’a aussitôt condamnée aux fers
Et à bout de forces la conduire en terre

Telle est la belle et triste histoire d’une mère
Qui a dû traverser seule le long désert
Et pour qui j’ai écrit ces quelques vers
Enfouis dans l’intimité de ma serre 

 

Si j’étais une femme

19 octobre 2011

Moi si j’étais une femme
J’userais de mes charmes
Pour faire tomber tombeurs
Et ces rustres charmeurs

Moi si j’étais une femme
De pique je serais dame
De cœur je serais roi
Et l’as serait ma loi

Moi si j’étais un femme
Toutes les notes de la gamme
Je jouerais sans remords
Pour redresser les torts

Moi si j’étais une femme
Du feu de ma flamme
J’attiserais le tison
De ces hommes en bâillon

Moi si j’étais une femme
De ma tranchante lame
Je couperais les maillons
Des pernicieux affronts

Moi si j’étais une femme
Toute la force de mon âme
J’employerais sans pitié
Pour combattre vacuité

 

À toutes les femmes…

19 septembre 2010

À toutes les femmes qui me sont tombées dans l'oeil
Je voudrais ce soir leur faire un clin d'oeil
Un clin d'oeil à leur sourire
Un clin d'oeil à leur joie de vivre

À toi qui m'as procuré mon premier baiser
Dans le petit bois de nos rendez-vous privés

À toi qui m'as fait trembler avec Halliday
En vibrant au son des portes du pénitencier

À toi qui m'as initié au rythme endiablé
D'une musique aussi envoûtante qu'ensorcelée

À toi qui m'as fait connaître l'ambiance feutrée
Des bars et de leur chaleureuse complicité

À toi qui m'as fait naître à la belle naïveté
De croire au bonheur dans sa grande simplicité

À toutes ces femmes qui me sont tombées dans l'oeil
Je voulais ce soir vous faire un clin d'oeil
Un clin d'oeil à votre sourire
Un clin d'oeil à nos souvenirs

 

Tourne tourne le manège

30 juin 2010

Couché dans un parc un vieillard
Somnole chapeau sur le nez
Un banc en guise de plumard
Des images d'antan en pensées

Tournent tournent carrousel et manège
Monte descend petit cheval de bois
Souris souris gros bonhomme de neige
Règne gouverne gentil petit roi

Arrive en courant un enfant
Tenant dans ses mains un ballon
Il s'arrête devant le banc
En fredonnant une chanson

Tournent tournent carrousel et manège
Monte descend petit cheval de bois
Souris souris gros bonhomme de neige
Règne gouverne gentil petit roi

En entendant l'enfant chanter
Le vieillard retrousse son chapeau
Et s'assoit le dos recourbé
Ses grands yeux bleus baignant dans l'eau

L'enfant dépose le ballon
Entre les deux mains du vieillard
Esquissant un complice regard
Ils entonnent cette chanson

Tournent tournent carrousel et manège
Monte descend petit cheval de bois
Souris souris gros bonhomme de neige
Règne gouverne gentil petit roi
 

Merci à toi…

28 janvier 2010

Il y a de ces hommes et de ces femmes
Sur qui la maladie n'a pas d'emprise
Peu importe leur période de crise
Au fond de leurs yeux brille toujours la flamme

Habités au plus profond de leur être
Par une viscérale force de vie
Ils réussissent constamment à faire naître
Un miraculeux instinct de survie

Une de ces femmes s'est retrouvée sur mon chemin
Tel un oiseau fragile dans le creux de ma main
Elle a jeté sur moi son doux regard
Et la lumière a balayé le noir

Merci à toi petite fée des étoiles
Pour avoir discrètement levé le voile
Sur ta foi inébranlable en la vie
Merci à toi mon espoir, mon amie

Autrefois

22 janvier 2010

Issu d'une génération
Où les gestes prédominaient
Je suis un être d'action
Qui en tire un grand bienfait

Le jour où l'on comprendra
Que ma joie est dans le don
Peut-être qu'on acceptera
De m'accorder le pardon
D'avoir omis certains gestes
Peut-être tout narurels
Mais qui sont pour moi des tests
Qui débordent mon naturel

À vous que j'aime beaucoup
Sachez que toujours pour vous
Je serai là en tout temps
Pour écouter vos tourments 

 

L’honneur est sauvé

10 juin 2009

Tombe la statue de Saddam Hussein
Alors que Bush contemple la scène
Ses hommes ayant envahi le sol
Lui ouvrant les portes du pétrole

L'affront du onze septembre est vengé
L'honneur de l'Amérique est sauvé
À bas les méchants terroristes
Place aux gentils impérialistes

C'est ce que nous réserve l'histoire
Mais qu'en est-il du jeune de Bagdad
Qui au bout d'une longue escapade
Rencontre sa mère au crématoire

Pourtant la presse se presse et s'empresse
Cogitant avec le président
Sur les moyens à prendre pour que cesse
Toutes ces injustices sans précédent

Car Britanniques comme Américains
Doivent sauver l'honneur et le pouvoir
L'histoire leur a légué ce destin
Tant pis pour le sinistre abattoir

Prends soin de toi!

10 juin 2009

Toi dont le zèle n'a d'égale que ta grandeur d'âme
Qui t'amène souvent au-delà de tes frontières
Méfie-toi de ton abnégation outrancière
Insatiable mégère et conseillère infâme

Toi dont l'ardeur se heurte parfois à tes forces
Que tu repousses écorchant leur fragile écorce
Entends le sage appel de ta douce tendresse
Si tu veux garder de ton élan l'allégresse

Toi dont la bonté jaillit au fond de ton être
Afin de dispenser conforts, soin et mieux-être
Souviens-toi que ta source risque l'assèchement
Obstacle perfide à ton désir de soulagement

Toutes ces gens qui vivent leur étape ultime
Ont besoin de tes forces dans leur douleur intime
Pour faciliter leur périlleuse agonie
Dans leur sinueux périple vers l'infini